"Non, ce n’est pas une grande famille. Disons que c’est plutôt une confrérie" explique l’un de ses membres, un créateur de mode. On est au Château de Versailles. C'était hier. Un Château fermé au public. Pas un touriste, en vue en effet, mais les invités privilégiés du Comité Colbert, qui réunit les grandes maisons françaises du luxe. Elles sont 78, au total, dans tous les métiers: vin, haute couture, mode, décoration, parfum, hôtellerie, gastronomie. Elles se cooptent, au nom de "l'art de vivre à la française". Plus prosaïquement, le Comité Colbert c’est le puissant lobby du secteur du luxe, l'un des moteurs français à l'export. Hier, en grande pompe, au Château de Versailles donc, le Comité Colbert fêtait ses 60 ans d’existence, du "french celebrating", dirait Manuel Valls. Comment va le luxe, en ce moment? "Va demander à Antoine Arnault, c’est le plus sympa du lot" conseille une collègue journaliste, habituée. Trop tard, le fils du patron de LVMH est déjà parti. C’est le Directeur général de Longchamps qui s'y colle: "on ne retrouve pas les niveaux incroyables des années 2010, 2011 et 2012. 2013 a été difficile, mais 2014 sera bonne année". Le créateur Pierre Hardy est plus cash: "le luxe est en pleine "expansion paradoxale", explique-t-il. 'Il y a une explosion de la demande mondiale pour des produits très chers, très raffinés, alors que partout, il y a des catastrophes, la crise économique. Je n’en tire aucune gloriole". Dans un coin, une femme fait un selfie avec un créateur, une autre… avec une pâtisserie de Pierre Hermé. Au buffet, la "queue de boeuf cuite longuement, choux vert et sauce rouge des Baux de Provence" semble remporter tous les suffrages. "La clé du succès aujourd'hui, c’est évidemment l’Asie" répètent tous ces patrons: "il y a quelques années, on se moquait des acheteurs japonais, chinois, et même russes. Aujourd'hui, ce sont eux qui "font le marché". Le patron d'une célèbre maison de cognac pointe, cela dit, la chute de ses ventes en Chine, résultat, selon lui, des mesures "anti-ostentatoire" prises par le gouvernement de Pékin. Plus question que le cognac coule à flot, les chiffres de ventes s’en ressentent. On passe à la remise des décorations aux artisans les plus méritants de ces grandes maisons. "Ce qui nous distingue, en fait", résume l'une figure du secteur, "c’est que, tous, nous avons encore des ateliers, des savoir-faire. Elle est là, notre force".

Urgence. Des mesures "emploi" votées, hier, à l'Assemblée nationale. Les députés ont adopté le principe de financer, l'année prochaine, 45 000 emplois aidés supplémentaires, et 5 000 services civiques de plus que se qui était prévu. Il s'agit, évidemment, de faire face au chômage de masse, persistant. Adoption, également, hier, de l'aide promise pour relancer l'apprentissage, une nouvelle prime de mille euros, pour tout nouvel apprenti.

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