Ca s'est passé quasiment au même moment. C'était vendredi matin. Et c'est ce qu'on pourrait appeler un petit "carambolage" en terme de communication politique. Au moment où Nicolas Sarkozy, en visite dans l'Yonne déclarait "grâce à la réforme des retraites, les comptes de la Sécurité sociale seront équilibrés en 2018, et même bénéficiaires". Il ajoutait: "les Français n'ont pas de soucis à se faire"... au même moment, on découvrait que le Ministère de Travail venait de réviser à la baisse ses prévisions de déficit pour 2020. Autrement dit, il venait d'avouer que la réforme des retraites, telle qu'elle est écrite aujourd'hui, ne suffirait pas à rétablir les comptes des caisses de retraites! La contradiction entre le gouvernement et le Président est résolue, par l'annonce -passée à ce stade, de manière plutôt inaperçue- de nouvelles mesures de financement. Alors reprenons au début. Le Ministère du travail -c'est classique- vient d'adresser au Parlement (et singulièrement au Sénat, où la réforme des retraites commencera à être examinée demain)... il vient d'adresser de nouvelles prévisions de déficits, pour les années à venir. Corrigées, en fait, en fonction des nouvelles perspectives de croissance. Bonne nouvelle: jusqu'en 2013, le déficit sera moins important que prévu. Mauvaise nouvelle: à partir de 2014, c'est l'inverse. Le déficit va s'accroître, en raison d'une croissance moins forte. Résultat: en 2020, le système des retraites -réforme incluse- ne sera pas à l'équilibre, mais en perte: Nicolas Sarkozy est démenti par les propres estimations de son gouvernement! Et pas qu'un peu: il manquera, malgré la réforme, 2 milliards et demi d'euros! Du coup, les équipes d'Eric Woerth proposent une solution: alourdir la "ponction" (1) qui était prévue sur l'Assurance-chômage. Prendre dans les caisses de l'Unedic, pour remplir les caisses de retraites. "Déshabiller Pierre, pour habiller Paul" disent les syndicats, vraiment pas contents de voir que cette méthode (déjà imaginée en 2003) soit, une nouvelle fois, celle retenue, et accentuée, par le gouvernement pour ficeler sa réforme. D'autant qu'elle aura, cette réforme, un autre effet: augmenter le nombre de chômeurs âgés indemnisés, obligés d'attendre 2 ans de plus pour partir à la retraite. Un "surcoût" déjà estimé à plus de 400 millions d'euros, par l'Unedic. (1) Pour être exact, il ne s'agit pas, à proprement parlé, d'une "ponction", mais d'un transfert de cotisations: de l'Unedic vers les caisse de retraite. Les "vérités" de François Fillon. Sur le bouclier fiscal ou sur les niches fiscales. Le Premier ministre était l'invité de l'émission "Capital", hier soir, sur M6. Il a affirmé que la suppression simultanée du bouclier fiscal et de l'impôt sur la fortune n'était pas un "sujet tabou". La majorité, décidément, ne cesse de "travailler" l'opinion sur ce thème. Pour François Fillon, 2011 sera une "bonne année", en tout cas, pour ouvrir ce débat. Sur les niches fiscales, il reconnaît, contrairement à certains de ses ministres, la semaine dernière, que les décisions annoncées dans le cadre du Budget, constituent, bel et bien des "hausses d'impôts". Concernant la réforme des retraites enfin, François Fillon estiment que ceux qui manifestent "se trompent". Pas question de revenir sur le recul des bornes d'âge, 62 et 67 ans, dit-il. Seuls quelques aménagements, concernant les femmes, sont possibles. Stable. Le moral des cadres, plutôt stable en ce début octobre, selon notre Baromètre (mensuel) France Inter Viavoice HEC Le Figaro Economie France 24. Les cadres ressentent, cela dit, une amélioration sensible concernant l'emploi.

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