Ce qui est arrivé, hier, en Italie, c'est un peu comme si en France, Renault ou Peugeot-Citroën décidaient de quitter, avec pertes et fracas, le Medef. Le Medef qu'ils accuseraient d'être, grosso modo, "trop mou" face aux syndicats, "trop faible" dans la lutte contre les rigidités du Droit du travail, "pas assez engagé" encore dans le combat pour une meilleure compétitivité du pays. Notez que Philippe Varin, le patron de PSA Peugeot-Citroën, s'est récemment engagé sur ce terrain (c'était dans une Tribune, publiée fin janvier). Denonçant, les coûts salariaux français, il appelait à la signature d'un "Pacte pour sauver notre industrie". Mais c'était une intervention sur le fond. Ce "cri d'alarme" n'était en aucun cas une attaque contre le Medef. Et il n'avait pas, non plus, le caractère provocateur du geste, hier, du patron de Fiat, un habitué des "coups d'éclat et des déclarations chocs". Hier donc, Sergio Marchionne, à la tête de la plus grande entreprise industrielle d'Italie, a claqué la porte du Medef local, la Confindustria, dirigée comme en France, par une femme. Marchionne brandissait cette menace depuis quelques temps, il est passé à l'acte. Il estime que l'organisation patronale italienne, carrément, nuit, aujourd'hui, à l'instauration d'une plus grande flexibilité du marché du travail, dans son pays. Elle "entrave", dit-il encore "le développement économique du pays". Rien que ça! Fiat, qui a racheté Chrysler, en 2009, estime que l'Italie s'éloigne trop, aujourd'hui, des conditions de production existant ailleurs dans le monde". Pour beaucoup, la décision d'hier marque le début du désengagement de Fiat, qui largue les amarres, avec son pays d'origine. Sergio Marchionne s'en défend, même s'il a déclaré, un jour, que son entreprise s'en sortirait "mieux financièrement s'il fermait toutes ses usines italiennes". C'est son combat pour sauver Fiat, qui perd des parts de marché en Europe: réduire les coûts dans les usines historiques du groupe. Dérogeant à la Loi et aux Accords de branche, et sous la menace, donc, de tout fermer en cas de refus, il a fait adopter, l'année dernière, par référendum auprès des salariés, un durcissement des conditions de travail, comme la réduction des temps de pause. N'étant pas assuré de pouvoir aller encore plus loin avec le soutien de l'organisation patronale du pays, qui elle s'oblige à négocier avec les syndicats, il a, donc, hier, claqué la porte.

Toujours plus... et toujours moins. L'Europe va demander encore plus d'efforts aux Grecs! Les problèmes de la Grèce, qui s'effonce dans la récession, ont fait chuter toutes les places boursières hier mais, au risque de les aggraver, les ministres des finances de la zone euro ont réclamé, à Athènes, de nouvelles mesures d'économies "pour 2013 et 2014". "En plus, donc, de celles qui viennent tout juste d'être annoncées"! De nouvelles mesures de soutien sont, paralèlement, étudiées. Elles pourraient passer par une nouvelle contribution des banques, privées.

Un peu moins. L'euro, en net recul, dans ce contexte: sous 1 dollar 33.Beaucoup moins. La première victime, directe, de cette crise, Dexia va être bientôt démentelée. Sauvée de la faillite en 2008, elle est, à nouveau confrontée à une crise de liquidité. Son Conseil d'administration a donné son vert feu, cette nuit, à une sorte de vente "à la découpe". La banche française (l'ancien Crédit local, qui finance les collectivités locales) pourrait reprise par la Banque postale et la Caisse des Dépôts.

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