Un journal de gauche pour entamer la contre-attaque, Libération, et une mise en page parfaite. Une tribune de la ministre chargée des PME, Fleur Pellerin, en haut de page. Et juste dessous, une tribune libre signée par "un groupe d'entrepreneurs de PME", défendant la politique fiscale du gouvernement. Soutenant même directement la concertation promise, juste au-dessus, par la ministre. C'est très bien fait. Et d'une certaine manière, ça valide l'attaque du texte de Fleur Pellerin: le mouvement des pigeons (ces patrons de start-up qui mènent la fronde, sur les réseaux sociaux, Facebook et Twitter, contre le projet de budget du gouvernement), ce mouvement est "plus politique qu'économique", écrit la ministre. La réplique, logiquement, arrive donc, de "l'internet du gauche", avec cet appel des patrons, de la tribune du bas de la page: "Nous entrepreneurs, ne nous reconnaissons pas dans l'idée selon laquelle la taxation des plus-value du capital au même niveau que le travail abîmerait la passion d'entreprendre". C'est de l'anti-pigeons! "Nous ne sommes pas une caste de citoyens supérieurs dont les revenus devraient bénéficier d'un traitement fiscal de faveur". C'est Bercy qui doit boire du petit lait. Bercy qui allume, cela dit, les contrefeux: réunion, cet après-midi, avec les contestataires. Et explications, partout, sur le point précis qui fait tant peur aux patrons de start-up et d'entreprises innovantes: le nouveau régime de taxation des plus-value réalisées au moment de la cession, de la vente de leur entreprise. Jusqu'ici, c'était un taux forfaitaire. On était taxé à 34,5%, cotisations sociales comprises. Avec la nouvelle règle proposée par le gouvernement, c'est le barême de l'impôt sur le revenu qui va s'appliquer. "Ca donnera une taxation à plus de 60%, affirme le mouvement des pigeons. "Confiscatoire, démotivant, anti-économique". Mais les exonérations sont très nombreuses, les réductions d'impôts également. Ce qui fait dire à Fleur Pellerin, au final, qu'"aucun créateur d'entreprise ne sera imposé à tel niveau". Le syndicat Solidaires Finances publiques, lui aussi classé à gauche, mais très pointu sur les dispositifs fiscaux, vient au secours de la ministre: "le cas d'un célibataire, qui a déjà 150 mille de revenus (le seuil à atteindre), auxquels viendrait s'ajouter une plus-value réalisée grâce à la vente de son entreprise l'année même de sa création, se verrait effectivement taxé à 58,2%. Mais "ce cas d'école ne correspond pas à la réalité économique".

Report. Le rapport Gallois sur la compétitivité sera, finalement, dévoilé dans 1 mois. C'est à partir de ce rapport, signé Louis Gallois, que le gouvernement doit définir l'ampleur et les modalités du "choc de compétitivité" promis par François Hollande, pour relancer l'industrie et l'économie françaises. Hier, les informations, publiées dans le Monde (un basculement des charges patronales vers la CSG... basculement de 40 milliards d'euros, répartis sur plusieurs années)... ce scénario n'a pas été confirmé par l'Elysée.Dans la soirée, le gouvernement a annoncé, lui, le report de la publication du rapport Gallois. Ce sera pas le 15 octobre, mais le 5 novembre. Des députés de la majorité le souhaitait pour éviter que cette publication gêne l'examen, au même moment au Parlement, du Budget 2013.Baisse. Le pétrole en forte baisse: le baril a perdu, à nouveau, 4 dollars en une seule séance hier. Il est désormais tout proche des 88 dollars: au plus bas depuis 2 mois.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.