Ce n'est pas la plus "sexy" des industries françaises: elle ne fait pas rêver. C'est même tout l'inverse: elle est décriée. Et fait peur. Ce n'est pas non plus une marque connue du grand public: faites le test, généralement tout le monde croit qu'on parle de cahiers et de fournitures scolaires. L'info, c'est celle-ci: le Français Rhodia... le groupe chimique Rhodia... va devenir belge. Avalé par une entreprise, Solvay, fondée en 1863 par l'inventeur d'un procédé de production du carbonate de soude. Hier, ses lointains héritiers, qui détiennent toujours 30% de la société, ont donc annoncé qu'ils lançaient une OPA amicale sur Rhodia. Une opération à plus de 6 milliards et demi d'euros qui s'est conclue, semble-t-il, en quelques semaines. "Je n'étais pas du tout dans l'état d'esprit de vendre quand les Belges m'ont appelé" explique le pédégé de Rhodia Jean-Pierre Clamadieu, "mais ils ont réussi à me convaincre". Dans ce monde-là "convaincre" signifie que les acheteurs ont sorti leur carnet de chèque. Pour emporter le morceau, Solvay va payer, aux actionnaires de Rhodia qui vont céder leurs titres, une prime de 50% par rapport au cours de bourse actuel: c'est une bonne affaire. Pour Jean-Pierre Clamadieu aussi. En vendant Rhodia, il perd son indépendance certes, mais on lui promet de devenir, d'ici 2 ans, le grand patron de l'ensemble du nouveau groupe, quand le PDG belge actuel de Solvay aura atteint la limite d'âge. C'est ce qui fait dire à une méchante langue (que voulez-vous, on en trouve partout...) que le principal intérêt de cette opération, c'est bien pour le patron de Rhodia, de se trouver un nouveau job, plus important et sans doute mieux payé. L'intérêt personnel rejoint l'intérêt général: le futur groupe à l'avenir va être présent et bien placé dans plusieurs secteurs, jugés rentables et prometteurs: les coques de téléphones portables (en polyarilamide), dans les couvercles de friteuses (polysulfone transparent) ou encore dans les interconnections de fils et de câbles (le polyéthylène). Je vous avez prévenu: ça ne fait pas forcément rêver. Fillon à la manoeuvre. Communiqué surprise de Matgnon, ce matin, un peu après 7 heures. La première mesure n'est pas une surprise: c'est le gel des tarifs du gaz. Alors pas jusqu'à la Présidentielle, à ce stade, mais au moins jusqu'à l'automne prochain. Le Premier ministre annonce qu'il n'y aura pas de nouvelle hausse au 1er juillet. Avec le calcul actuel, on pouvait s'attendre à 7%. Précisement, le Premier ministre demande une réécriture de la formule de fixation des tarifs. Elle devra mieux prendre en compte les prix du marché au jour le jour, moins chers aujourd'hui que ceux des contrats à long terme. Une autre mesure concerne l'électricité: Matignon annonce une sorte de "lissage" des augmentations à venir. Mais ça donne, dès le 1er juillet prochain, une hausse de 2,9%. Puis, plus rien jusqu'au 30 juin 2012. Au 1er juillet 2012, la hausse sera "au minimum" de 1,2%. Enfin, pour les carburants, Matignon choisit le levier fiscal. Le Premier minsitre a décidé de relever le barême du forfait kilomètrique, applicable sur la déclaration de revenus 2010, celle qu'on va bientôt devoir remplir. La conséquence c'est une (légère) baisse d'impôt. Elle sera financée, précise le le communiqué de ce matin, par une contribution "spéciale" des compagnies pétrolières. 2%. Info du Figaro, ce matin: la croissance française va bientôt être révisée à la baisse pour 2012: 2% seulement. Au lieu de 2,5%, prévu jusqu'ici par le gouvernement.

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