Une litote, selon le Petit Larousse illustré (version 2007, celui du Service Eco et Social, de France Inter) c'est une "figure consistant à dire moins pour faire entendre plus". Exemple (tiré du "Cid"): "je ne te hais point", pour signifier, "je t'aime". Hier après-midi, à Francfort, le président de la Banque Centrale Européenne, a usé de cette figure de rhétorique. Il parlait de la situation dans la zone euro et a lâché: "il serait prématuré de parler de sortie de crise". Traduire, donc: "on est encore en plein dedans!" Pour résumer: la récession guette, et la crise de la dette, malgre les mille milliards d'euros injectés, dans le système bancaire, par la BCE, se poursuit. Mario Draghi, en fait, s'exprimait alors que les places boursières européennes étaient très mal en point, hier. Paris, par exemple, a terminé à -2,7%. Et c'est l'Espagne qui créé ce "violent coup de fièvre", comme le titre les Echos, ce matin. L'Espagne qui a raté une opération de financement, relançant toutes les inquiètudes à son sujet. Madrid, hier, annonçait vouloir obtenir, sur les marchés financiers, entre 2,5 et 3,5 milliards. Elle a dû se contenter du bas de la fourchette, faute d'investisseurs motivés. Autrement dit, on ne s'est pas bousculé, hier, au guichet. Plus grave: le Trésor espagnol a dû augmenter, assez nettement, les taux d'intérêt proposés, pour boucler son opération. Les taux d'emprunt espagnol à 10 ans s'envolent et son "spread" (preuve que la situation s'aggrave: on doit en reparler), le "spread" espagnol, c'est-à-dire l'écart avec les taux allemands qui font référence, se rapproche des 400 points, un niveau pas vu depuis le pire moment de crise de la dette. L'Espagne inquiète, parce que son gouvernement n'apparaît pas capable de tenir ses objectifs de réduction des déficits publics. "Il sont gravés dans le marbre" a beau répéter le chef du gouvernement, Mariano Rajoy, les investisseurs doutent. Avançant le dérapage de l'année dernière: on prévoyait -6%, le déficit s'est envolé, finalement, à 8,5%. La dette, également, gonfle: fin 2012 -nouvelle estimation-, elle approchera les 80%, alors qu'elle était à 40%, fin 2008. La récession attendue, le chômage de masse persistant: tout ça, place, aujourd'hui l'Espagne dans l'oeil du cyclone.

Pas sûr. L'avenir de Sernam n'est toujours pas assuré. Et ce, malgré la décision de Bruxelles hier qui accepte, finalement, que le repreneur de Sernam ne rembourse pas les 642 millions d'aides, recues par le Sernam dans le passé mais jugées depuis illégales. C'était l'une des conditions posées par la SNCF, via sa filiale Géodis, pour maintenir sa proposition de reprise. Mais, il y en a une autre: que le Sernam ait encore suffisamment de trésorerie dans ses caisses: ce qui est loin d'être acquis. La SNCF donnera sa réponse définitive, mardi prochain, mais les syndicats de Sernam n'y croient plus beaucoup. Au total, 1 600 emplois sont en jeu.Plus sûrs. Les ruptures conventionnelles sont toujours de plus en plus nombreuses. Il s'agit des séparations à l'amiable entre un employeur et un salarié. Dispositif créé en 2008. Leur nombre a bondi de 14%, sur 12 mois. Presque 24 mille ont été signées, pour le seul mois de février. Les ruptures conventionnelles représentent, désormais, 13% des motifs de fin de CDI. Loin devant les licenciements pour motif économique.

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