Si vous suivez l'actualité du Medef, ces dernières semaines, par le seul biais des vidéos parodiques, diffusées sur internet, lui, c'est celui qui se faisait décapiter par Laurence Parisot, dans une nouvelle version de Kill Bill. Décapité pour avoir contesté son projet de réforme des statuts de l'organisation patronale. Mais au final, c'est lui, et quelques autres, qui a eu la tête de Laurence Parisot. Et sans surprise hier, Frédéric Saint-Geours s'est lancé dans la course à sa succession. Il rejoint les 6 autres hommes (oui, tous des hommes), candidats à la présidence du Medef. Une élection qui apparaît, maintenant que l'hypothèque Parisot est levée, plutôt ouverte. 4 d'entre eux peuvent légitimement considérer qu'ils ont leurs chances. Il y a, dans l'ordre des déclarations de candidatures: Geoffroy Roux de Bézieux, le PDG de Virgin mobile, Pierre Gattaz, patron de Radiall et fils d'Yvon, l'ancien président du CNPF (devenu Medef), Patrick Bernasconi, le président de la Fédération des Travaux Publics, présenté pendant longtemps comme le "dauphin" déclaré de Laurence Parisot (c'est lui, par exemple, qui a négocié la réforme du marché du travail). Et donc, 4ème prétendant sérieux: Frédéric Saint-Geours, haut-dirigeant de PSA Peugeot Citroën, et président de la fédération de la métallurgie, l'UIMM. Les uns et les autres, en se dévoilant, ont commencé à présenter leur projet pour le Medef. Tous, évidemment, annoncent qu'ils veulent mieux "défendre l'entreprise" (c'est bien la moindre des choses). Mettent en avant, pour cela, leur expérience. Et, c'est assez nouveau, dévoilent leur salaire: "300 mille euros brut par an" révèle Geoffroy Roux de Bézieux. "44 mille euros net par mois" pour Frédéric Saint-Geours, à PSA. "5 mille euros, sans prime, ni dividende" pour Patrick Bernarsconi, qui joue la carte "entrepreneur de terrain". Dans cette campagne qui commence, tous se plaignent, également, du coût du travail en France ("la prochaine conférence sociale doit être transformée en conférence de la compétitivité" dit Patrick Bernasconi). Ils préconisent, tous, de réduire la dépense publique: "de 100 milliards d'euros" chiffre Saint-Geours, "10% d'économies", rien que ça. Pour tous, il faut réduire le rôle de l'Etat: "nous assistons à son retour, mais nous faisons fausse route" dit Geoffroy Roux de Bézieux: "on se prépare à de nouveaux Crédit lyonnais". Chez les uns et les autres encore, le sentiment que l'Accord du 11 janvier sur la réforme du marché du travail ne va pas assez loin. Alors, au final, c'est peut-être sur la place du dialogue social qu'une ligne de fracture se dessine vraiment entre ces 4 favoris, Pierre Gattaz incarnant, sans doute, la ligne la plus dure, le "Medef de combat" que dénonçait Laurence Parisot. "L'opinion et la classe politique n'ont pas encore accepté les règles de base du libéralisme." dit-il, "il faut remetrre l'économie à la base de tout".

0,1. Pierre Moscovici prévoit une croissance quasi-nulle en France, cette année. Il n'a pas passé sa journée, hier, qu'à justifier son attitude dans l'affaire Cahuzac, le ministre de l'Economie, hier, s'est aussi exprimé au sujet de la croissance en France. Il le "craint", dit-il, elle devrait être proche de 0,1%. "C'est en 2014, poursuit Pierre Moscovici, que nous devrions retrouver un taux de croissance plus convenable, significativement positif". 1,2%, l'année prochaine, lui paraît être une prévision "vraissemblable".X2. La bourse de Tokyo s'est envolé, ce matin: presque 4%, à mi-séance, tout à l'heure. Les investisseurs ont salué, à leur façon, la décision de la banque centrale japonnaise qui va encore et très fortement assouplir sa politique monétaire. Elle entend dans les 2 ans qui viennent, doubler la quantité de monnaie en circulation dans le pays pour sortir de la déflation qui le mine depuis 15 ans.

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