Depuis le début de cette crise, on ne cesse d'aditionner les milliards et on se demande toujours d'où vient tout cet argent ? Dans le cas du "Plan Sarkozy", annoncé à 26 milliards d'euros, hier, ce n'est pas forcément cette question-là qu'il faut se poser parce que la réponse, pour le coup est très claire : c'est de l'endettement pur et dur, "à l'ancienne" si on peut dire. On va creuser le déficit en 2009. Mais de combien, alors ? C'est là que ça se complique, parce qu'en refaisant l'addition on ne retrouve pas les 26 miliards. D'abord, parce qu'il y a une astuce vieille comme le monde : dans les mesures annoncées hier, quelques unes étaient déjà connues (comme les Contrats de Transition Professionnels, par exemple). D'autres mesures... nouvelles, celles-ci (comme la prime à la casse) ne coûtent que quelques centaines de millions. Pour le reste, l'immense majorité des mesures annoncées consiste, d'abord et avant tout, à dépenser plus tôt que prévu, des budgets qui existaient déjà, qui étaient déjà programmés. Le gouvernement ne s'en cache pas d'ailleurs, c'est bien tout l'esprit de son Plan, sa mécanique. Son pari aussi : dépenser en 2009, ou plutôt "inciter" tout le monde à dépenser en 2009, ce qui devait l'être en 2009, en 2010 voire en 2011. Si on fait les comptes donc, sur les 26 milliards, il faut en retrancher presque 11, de remboursements anticipés de dettes de l'Etat aux entreprises. Concernant, les 10 milliards d'investissements publics, là encore, très souvent, c'est de l'accélération de programmes existants. Il y a très peu de dépenses nouvelles. Au final, on peut dire que seuls 20% des sommes annoncées constituent de la "relance keynésienne" pure, comme disent les économistes. Soit, au total, 5 milliards. La relance "sarkozienne" dans le détail. C'est "tout pour l'investissement", a expliqué le Chef de l'Etat, hier, en dévoilant sa "politique de grands travaux" d'infrastructures. Les entreprises seront également aidées, avec de nouvelles exonérations de charges sociales, notamment. Côté ménages, seuls les futurs allocataires du RSA (ils sont quand même presque 4 millions) bénéficient d'un "coup de pouce" direct, avec la promesse d'un chèque, fin mars, de 200 euros. Pour les autres, le soutien de l'Etat passe par une "prime à la casse" de mille euros, au moment de l'achat d'une voiture neuve. Et par le doublement du prêt à taux zéro, pour l'achat d'un logement neuf. La baisse des taux d'intérêt en Europe. La Banque Centrale Européenne s'est fait violence, hier, en baissant de 3 quart de points son principal taux directeur, ce qu'elle n'avait jamais fait jusqu'ici. Concrètement, dans les prochaines semaines - plus sûrement dans les prochains mois - on peut espérer une baisse des taux d'intérêts pour tous les crédits de court terme. Les découverts bancaires, les facilités de trésorerie (pour les entreprises) ou encore pour les prêts à la consommation. Concernant les prêts immobiliers, les professionnels parlent de taux en dessous de 5% (en moyenne), dès le mois prochain, janvier 2009. Ils sont à 5,15% actuellement. Et même un peu plus, parfois.

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