Par Bruce de Galzain.

Il y a près de six mois déjà, lors du premier sommet européen de François Hollande, l'Europe dessinait les contours de la future union bancaire. Aujourd'hui c'est plutôt la désunion bancaire qui ressort du sommet des ministres des finances hier à Bruxelles, incapables de s'entendre sur le premier point d'un éventuel accord : le rôle de la Banque centrale européenne censée devenir le gendarme des banques nationales. Hier le ministre des finances suédois Anders Borg se disait prêt à réunir l'Ecofin jusqu'à Noël pour trouver un accord. Ce matin, dans une grosse demi-heure il prendra son petit-déjeuner à Bercy avec son homologue Pierre Moscovici... pressenti par certains pour succéder à Jean-Claude Junker à la tête de l'Eurogroupe... notre ministre se dit surpris mais pas plus tard que vendredi dernier, il plaidait pour faire évoluer cette fonction et créer un ministre incarnant à lui seul la zone euro. A son actif, Pierre Moscovici peut d'ailleurs mettre en avant sa propre réforme bancaire en France bien plus consensuelle qu'au niveau européen. Elle sera présentée dans deux semaines mais l'on connaît déjà les grandes lignes et elle n'est pas bien brutale. Comme François Hollande l'avait promis, l'idée c'est de séparer la banque de détail de la banque d'investissement... mais le projet retenu jusque là n'envisage pas de séparation stricte. Exemple avec BNP Paribas : à peine 2% de l'activité de la banque d'investissement serait touchée alors que la réforme européenne à terme isolerait le quart de l'activité de la banque. Pas bien brutal donc mais vital pour notre modèle français de banque universelle même selon le syndicat national de la banque qui a été consulté comme les banquiers et se dit satisfait... Pour son représentant Régis Dos Santos, ce projet va bel et bien limiter les activités spéculatives mais il ajoute : "Ne mélangeons pas tout la banque de financement et d'investissement ce n'est pas que de la banque casino... tout le monde tire sur les banques, c'est tendance, mais c'est le cœur de l'économie" dit-il... En gros on a besoin de spéculation pour financer notre économie... Et Régis Dos Santos d'insister : "Attention si l'on sépare trop brutalement les activités, cela va accélérer le processus de désengagement des banques dans les agences et ce, au détriment des effectifs et des clients"... selon lui on parle désormais d'agences cathédrale en centre-ville comme il y a 20 ans, ce serait alors la fin des agences de proximité. Alors la France modèle de banque universelle pour l'Europe ? On n'en est tout de même pas encore là !

Du crédit pour les entreprises. C'est fait, le crédit d'impôt de 20 milliards d'euros a été voté hier soir par les députés dans le cadre du projet de loi de finances rectificatives. Un projet qui réserve quelques surprises puisque les plus-values immobilières pourraient bien être taxées davantage : au-delà de 100.00 euros la taxe passerait de 19 à 22% et jusqu'à 24% au-delà de 150.000 euros de plus-value.

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