"Cadenasser" au sens footballistique du terme (les 2 hommes aiment bien ce sport). Poser un cadenas... le "catanaccio" en italien, spécialistes de la méthode. Grosso-modo, il s'agit de limiter au maximum l'espace de jeu de l'autre. Alors avec Philippe Séguin et Nicolas Sarkozy, on n'est pas dans le cas de figure de 2 adversaires (loin de là), mais on peut dire, en revanche, que le Rapport annuel de la Cour des Comptes, présidé par le premier (Séguin) -rapport, présenté hier - arrive, on ne peut plus mal pour le second (Sarkozy), qui doit, ce soir à la télé, expliquer aux Français, comment il lutte contre la crise. Au plus mal, parce que le long chapitre de ce Rapport, consacré à la dette française, fonctionne comme une sorte de décryptage de la politique gouvernementale, passée, présente et à venir ! C'est classique (et normal), la Cour des Comptes et son Premier président s'inquiètent beaucoup de la dette. Elle se creuse, plus encore dans le contexte actuel de crise : les recettes de l'Etat diminuent. Les dépenses enflent, elles avec les différents plans de sauvegarde et de relance annoncés. Problème : en 2009, la France part de beaucoup plus bas que lors de la précédente récession (en 93): la dette est à 64% du PIB, aujourd'hui. Elle était à 40% seulement, il y a 16 ans. Cette situation explique, évidemment, la modestie du Plan de relance du gouvernement, qui n'a pour ambition affichée que d'accélérer la réalisation de chantiers, programmés de longue date, et déjà très largement financés. La Cour des comptes poursuit : la crise d'aujourd'hui va vraiment peser, à partir de 2010, sur les comptes publics. Donc, le pire est à venir. De ce point de vue-là aussi ! Si le scénario de 93 se reproduit, en 2012, la dette française équivaudra à plus de 80% de la richesse produite en 1 an, dans le pays. "Pas un drame", la France, par ailleurs est riche mais les conséquenes d'une telle situation ne seront pas neutres. Elles se résument à cette alternative : le retour d'une forte inflation (une très forte et durable augmentation des prix. Pas l'épisode -court- qu'on a vécu l'année dernière). Ou l'augmentation des impôts pour combler les déficits. Le Président, ce soir, n'évoquera, sans doute, ni l'un ni l'autre. C'est pourtant sur ce terrain économique, terriblement restreint, qu'il va devoir jouer dans les prochains mois. Le plafonnement du salaire des patrons américains agace... Laurence Parisot ! Barack Obama vient de limiter à 500 000 dollars, le salaire des patrons d'entreprises, aidées par le gouvernement américain. En France, la présidente du Médef estime que ce genre d'initiative est "risqué". Laurence Parisot s'exprime longuement dans le quotidien "La Tribune", ce matin et redit que, pour elle, l'Etat "ne doit pas être un chef d'entreprise". "Nationaliser, c'est conduire au déclin", poursuit-elle. Elle se dit, par ailleurs, "consternée" par les images des manifestations de jeudi dernier. Bruxelles met en garde la France. Cette fois-ci, contre toute mesure "protectionniste" dans son Plan de soutien au secteur automobile, en préparation. On prête, en effet, au gouvernement, d'imposer aux constructeurs de ne faire appel qu'aux sous-traitants français, ou de n'investir qu'en France. La Commission prévient que toute mesure de ce genre irait à l'encontre des règles européennes.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.