C'est le programme des ministres des finances du G7 et des grands banquiers centraux qui se retrouvent, à partir de ce soir, dans le grand nord canadien. A Iqaluit. 2 mille kilomètres au Nord de Montréal. L'un des endroits les plus froid du Canada. Un choix particulièrement audacieux en cette saison: si une tempête se lève (et c'est une spécialité de la région), aucune des personalités invitées ne pourra arriver à bon port. Les autorités canadiennes ont prévenu d'ailleurs: "messieurs et mesdames, éviter les costumes-cravate et les tailleurs, préférez un pull bien chaud". Aux journalistes qui seront du voyage, il a aussi été prodigué ce conseil: "si vous devez attendre les ministres, dehors et dans le froid (et c'est souvent ce qu'on fait -attendre!!!- quand on est journaliste), ne restez pas statiques, vous risquez, sinon, de rester collés au sol" (l'astuce, paraît-il, c'est de glisser une feuille de papier, entre les chaussures et le sol gelé). De toute façon, les journalistes seront, sans doute, peu nombreux à Iqaluit ce week-end, parce que (il faut bien lme dire) on en attend pas grand chose de cette réunion. Il n'y aura pas de communiqué final, ont prévenu les participants, tout juste une conférence de presse. Et "aucune décision ne sera prise" selon la délégation allemande. En fait, avec la création du G20, le G7 a quasiment perdu tout son intérêt. On a du mal, désormais, à imaginer les 7 pays les plus riches de la planète décider quoique ce soit, sans les représentants des pays émergents. Chine, Inde et Brésil, notamment. Le "G7 Finances" redevient, du coup, de l'aveu même des participants, ce qu'il était à ses débuts, une "causerie au coin du feu". C'est le retour à "l'esprit de Rambouillet". Rambouillet, où s'est tenu au siècle dernier (en 1975), le premier G7, avec Valéry Giscard d'Estaing. Devant le risque d'une indifférence générale, les canadiens ont, donc, imaginé cette inviation dans ce lieu insolite (Iqaluit... où paraît-il, certains ministres seront lôgés chez l'habitat, faute de place dans le seul grand hôtel de la ville). Mais le choix des canadiens est encore plus perfide que ça. Alors que les Européens viennent de décrêter un embargo sur la viande de phoque, ils ont choisi de les emmener chez les Inuits, se confronter à la vie artique, histoire de leur montrer l'importance de la chasse aux phoques dans cette région. Il y aura, donc, au repas, servie de la viande de phoque crue. Et dernier détail: les ministres seront assis sur des fauteuils, recouverts de peau de phoques! Les inquiètudes sur la reprise de l'économie et la dette des Etats font chuter la bourse! Le dévissage est général. Partout hier, des reculs de plus de 2%. Et c'est encore le cas, ce matin, en Asie. A Wall Street, ce sont des mauvais chiffres concernant l'emploi qui ont réveillé les inquiètudes sur la reprise économique. En Europe, c'est la situation financière de la Grèce, de l'Espagne et du Portugal qui a provoqué la panique. Cela dit, pour beaucoup, ces 3 pays sont victimes, avant tout, d'attaques spéculatives. Qui font chuter l'euro. Jean-Claude Trichet vole, d'ailleurs, à leur secours. Pour le patron de la Banque Centrale Européenne, la situation du Portugal ne "constitue pas un risque" dit-il. "Pas plus que celle de l'Espagne. Et de la Grèce". Dans cette tourmente, le pétrole a reculé de 5%, en une seule séance hier. Le déficit commercial de la France. 43 milliards d'euros, en 2009. C'est bien mieux qu'en 2008, mais moins bien qu'en 2007. C'est la forte réduction de notre facture énergétique qui explique, en grande partie, ce reflux.

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