C'est encore un mauvais coup de la "Perfide Albion". Un mauvais coup pour Pierre Moscovoci, dont la réforme bancaire va être examinée, à partir de demain en Commission de Finances, à l'Assemblée nationale. On en a déjà parlé, ici: elle est très critiquée par qu'elle ne propose pas de couper les banques française en 2, mais simplement de concentrer les activités "spéculatives" des banques françaises dans une filiale. Sur son blog hier, le ministre de l'Economie a déposé un long texte pour défendre son projet. "Une Loi bancaire réformatrice, ambitieuse et réaliste", c'est son titre, et, en fait, la réécriture de son audition par les députés, il y a quelques jours. L'argumentaire est précis. Il peut convaincre mais, hier, son homologue britannique est venu frapper un grand coup, dans son pays, en se montrant auyrement plus combatif face aux banques! Là où en France, Pierre Moscovici paraît sur la défensive ("je ne suis pas l'ami des banquiers, je ne suis pas leur avocat" se justifie-t-il), George Osborne, hier, présentait sa propre réforme bancaire, à Londres... et, alors qu'il doit défendre les intérêts de la City (ce qui n'est pas mince), il s'est montré très menaçant: "si nos banques ne jouent pas le jeu, a dit le ministre britanniques des Finances, nous allons nous donner le Droit de les démanteler! Nous allons électrifier la clôture entre les activités de dépôt et les activités de marchés, spéculatives". George Osborne durcit clairement le ton (attention d'ailleurs, il ne s'agit peut-être que de ça: une question de ton, de "posture") mais le ministre Osborne, cela dit, est poussé par une opinion publique agacée par les scandales bancaires à répétition, poussé encore par les conclusions d'une Commisison parlementaire, au Parlement britannique, qui s'est montrée très offensive sur ce dossier et qui a demandé au gouvernement Cameron d'aller plus loin que ce qu'il envisageait initialement. L'exemple tombe au mauvais moment pour Bercy, parce qu'il pourrait motiver les députés français, à Paris, qui ne demandent qu'à amender le texte. La semaine dernière, plusieurs représentants des grandes banques françaises ont été auditionnés à l'Assemblée nationale. Un député qui les a écouté attentivement, ne les a pas trouvé très inquiets: "Clairement, on ne leur fait pas peur, nous, avec notre réforme bancaire!".

En justice. Le gouvernement américain va attaquer Standard & Poor's en justice pour son rôle dans la crise financière! Ce sera une première du genre: le ministère américain de la Justice s'apprête à poursuivre l'agence pour ses notations, en 2007, notations très favorables, c'est-à-dire "triple A" attribué à des produits financiers qui se sont avérés être totalement "pourris". L'agence "déplore profondément" ces erreurs -ce sont les termes de son communiqué-, ces notations ont été réalisées "de bonne foi", sans considérations commerciales". Pour Standard & Poor's qui dévoile une pertie de sa ligne de défense, ses notations ne sont qu'une "opinion", donc, protégée par le 1er amendement de la Constitution des Etats-Unis.Fermées. Les subprimes, c'est l'origine de la crise. Les fermetures d'usines, la conséquence. Selon le cabinet Trendeo, cité par Les Echos ce matin, la France a perdu plus d'un millier d'usines depuis 2009. Le rythme de fermetures s'est accéléré, à nouveau, l'année dernière, avec 24 mille emplois détruits. Les secteurs de l'automobile, de la pharmacie, du meuble ou de l'imprimerie paient un lourd tribut. A l'inverse, l'aéronautique et le luxe, l'année dernière, ont crée des emplois.

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