Dimanche soir, à Bercy, lors de sa conférence de presse commune avec Michel Sapin, Yanis Varoufakis, le nouveau ministre grec des Finances, s'était dit confiant dans le fait que la Banque Centrale Européenne, accorde à son pays, le soutien financier nécessaire, pour les prochaines semaines. Pas une nouvelle aide, comme la "nouvelle dose" d'un drogué, avait-il dit. Non, cette fois-ci, le ministre grec demandait une aide temporaire, jusqu'à la fin juin, le temps de renégocier les termes du plan d'aide accordé à son pays. Avec au bout, un assouplissement de l'austérité.Hier, à Francfort, sortant d'un entretien avec Mario Draghi, le président de la BCE, le même Varoufakis s'était, à nouveau, dit "confiant". Mais il n'en a pas dit plus sur la teneur de sa discussion. Sans doute, savait-il déjà que la Banque Centrale Européenne allait rester sur une position très rigide. L'aide dérogatoire qu'elle accorde, depuis 2 ans, aux banques grecques avait une condition: qu'Athènes applique l'intégralité des mesures de redressement demandées. Syriza, arrivé au pouvoir, ne veut plus appliquer ce programme d'austérité, constate son échec, demande son assouplissement. La Banque Centrale Européenne prend acte, et a décidé, par principe, de revenir sur sa part du contrat. Tous les analystes, experts, depuis quelques jours, estimaient qu'il ne pouvait en être autrement. La BCE maintient, cela dit, d'autres systèmes d'aides à la Grèce -le pays n'est pas totalement lâché- mais Mario Draghi et ses gouverneurs viennent, clairement, de compliquer la donne. Le plan du nouveau gouvernement grec, on l'a pourtant bien compris maintenant: il ne réclame pas un effacement de la dette, mais un échange de titres (un allongement). En retour, il promet de poursuivre le redressement budgétaire du pays, et de mener d'importantes réformes. Un plan de 3 ans, avec, sans doute, l'abandon partiel ou total, de plusieurs promesses de campagne. Athènes demandait un peu de temps pour arriver à ce compromis avec ses partenaires. 6 semaines pour faire les premières propositions, 3 mois de plus pour signer un Accord définitif. La BCE vient de lui refuse cette souplesse, de raccourcir le calendrier. Et fait passer ce message "pas d'aide, même temporaire, sans contreparties".

Cette décision, évidemment, relance les inquiètudes sur l'avenir de la Grèce et la zone euro. Dès hier soir, et le communiqué de la BCE, l'euro a perdu plus de 1% face à dollar. Wall Street a été peu touché. Les places asiatiques, un peu plus, ce matin, mais une bonne nouvelle en provenance de Chine a inversé la tendance. Autrement dit, ce n'est pas la panique. Une analyste résume bien la situation: "la décision de la BCE rend les choses plus intenses. La Grèce est encore loin de sortir de la zone euro, mais la Banque Centrale Européenne vient, tout de même, d'en accroître le risque!".

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