Ca vous a peut-être échappé, puisque c'est ce samedi - 3 janvier, entre bises de "bonne année" et galettes des Rois - que le gouvernement a publié au Journal officiel, un décret qui modifie les seuils pour le recours au chômage partiel, ou chômage technique. C'était 600 heures, le maximum autorisé jusqu'ici, 600 heures, par salarié et par an. Après ce nouveau décret, ce seuil passe à 800 heures et même à un millier d'heures dans certains secteurs. Ceux qui utilisent le plus ce chômage partiel : le textile, le cuir, l'habillement et l'automobile. Les sous-traitants de ces industries sont également concernés (la métallurgie...), tout comme le commerce des véhicules automobiles. Alors le calcul est simple : pour ces cas particuliers, et sur la base de contrats à 35 heures, les salariés vont pouvoir être mis au chômage "forcé" plus de la moitié de l'année ! Avec la conjoncture économique qu'on nous annonce, on peut parier que certains vont y arriver, avec au bout, une perte sèche de salaire, même si (et c'est une autre nouveauté de ce début d'année), le chômage partiel sera mieux indemnisé : les salariés "à l'arrêt" toucheront 60% de leur salaire brut, contre 50% auparavant. Dans certaines entreprises, c'est même un peu plus, mais la différence est payée par les salariés eux-mêmes : chez Renault, ça se concrétise par un prélèvement obligatoire de 0,15% sur tous les salaires ! Le chômage partiel est financé, également et surtout par l'Etat, qui rembourse à l'employeur une partie des salaires qu'il a versés pendant cette période. En prévision d'une année difficile, le gouvernement Fillon vient d'ailleurs d'augmenter l'enveloppe budgétaire prévue pour ce dispositif de chômage partiel qui présente, pour lui, un avantage supplémentaire : les salariés en chômage partiel n'ont pas à s'inscrire à l'ANPE (ou à Pôle Emploi, son nouveau nom). Ils ne viennent pas, du coup, gonfler les rangs des demandeurs d'emploi ! Le déficit se creuse, toujours plus vite ! Nouvel aveu d'Eric Woerth, le ministre du budget : il va manquer 10 à 12 milliards d'euros de rentrées fiscales, sur le budget 2008. La collecte de l'impôt sur les Societés a été moins bonne que prévue. Les rentrées de TVA sont moins importantes également. Résultat : le déficit de l'Etat devrait s'élever, pour 2008, à 56 ou 57 milliards d'euros. Initialement, il était prévu pour ne pas dépasser 42 milliards ! En tout cas, pour surmonter la crise, le gouvernement exclut de geler les suppressions de postes de fonctionnaires annoncés pour cette année. Plus de 30 000 au total. La relance. Barack Obama débute, ce lundi, ses consultations avec le Congrès américain pour élaborer les mesures qu'il compte faire adopter, début février. En Allemagne, la coalition gouvernementale autour d'Angela Merkel se réunit aussi aujourd'hui pour travailler à un deuxième Plan de relance, outre-Rhin. Le Plan français -de 26 milliards- sera lui discuté à partir de mercredi à l'Assemblée. Un nouveau pôle. Aujourd'hui, démarrage officiel de "Pôle Emploi", l'organisme né de la fusion de l'ANPE et des Assedic. Le "guichet unique" ne sera généralisé à tout le territoire qu'à l'automne prochain. Les syndicats appellent à la grève, ce lundi, pour dénoncer une mise en place "à marche forcée".

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Le site Eco89.

Pourquoi ne pas l'avouer: ce papier a largement inspiré ma chronique!

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