Peut-être avez-vous déjà oublié. Lors de ses voeux aux Français, le 31 décembre, Nicolas Sarkozy a fait une promesse. Et fixé 3 priorités pour la fin de son mandat. La promesse, c'est qu'il n'y aura pas de 3ème plan de rigueur, en 2012. "Ce qui devait être fait... a été fait" a juré le Chef de l'Etat.Les priorités, ensuite. La première: la lutte contre le chômage. Nicolas Sarkozy a mis l'accent sur la formation: "former et pas seulement indemniser" a dit le Président, qui, le surlendemain promettait des... indeminités "surpa-légales" aux salariés de SeaFrance. La deuxième priorité: la réforme du financement de la protection sociale: c'est la TVA sociale avant la Présidentielle. Et puis -3ème priorité-: la mise en place de la taxe sur les transactions financières. La "so-called Tobin tax" comme l'écrit, ce matin, le Financial Times, à qui n'a pas échappé cette autre accélération du calendrier, à Paris. Parce qu'hier, Jean Léonetti, le ministre des Affaires européennes, a traduit les propos du Chef de l'Etat: la France souhaite, désormais, que cette taxe entre en vigueur "avant la fin de cette année"! Jusqu'ici, Paris parlait de 2013. Et la Commission de Bruxelles, qui planche également sur le sujet, évoque, plutôt 2014 pour les premières rentrées d'argent. Mais, voilà désormais, c'est l'une des 3 priorités de la France (qui en refait une "question de morale": "la finance doit participer à la réparation des dégâts qu'elle a provoqués"). Donc: la taxe sur les transactions financières, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel en reparleront lundi prochain à Berlin. La France et l'Allemagne déposeront, à Bruxelles, une "contribution", le 23 janvier. Et un texte pourrait être sur la table des Chefs d'Etat et de gouvernements, dès le 30 janvier, lors du Conseil européen. Pour une accélération, c'est une accélération. Qui va se heurter, évidemment, au refus des Britanniques et d'autres pays comme la Suède, au niveau de l'Union européenne. Et, pour la seule zone euro, aux réticences des Pays-Bas et de Malte. Peu importe: la France serait, désormais, prête à mettre en place seule cette taxe Tobin. Elle sera introduite dans un projet de Loi de Finances rectificative, le mois prochain.

Circuit fermé. On sait, maintenant, ce que les banques font des centaines de milliards d'euros que la Banque Centrale Européene leur a prêté: Rien! En décembre, la BCE a prêté aux banques européennes 489 milliards d'euros, pour éviter un effondrement des crédits accordés aux entreprises et aux particuliers (manière de soutenir l'économie)... mais voilà, mardi et hier, ces mêmes banques ont déposé la somme record de 453 milliards d'euros, à très court terme (24h), auprès de la Banque Centrale Européenne. Autrement dit, ces centaines de milliards d'euros circulent, depuis 15 jours, en complet "vase clos" BCE-banques-BCE. Les banques ne se prêtent pas entre elles. Elles ne financent pas plus l'économie réelle.

Aujourd'hui, la France retourne sur les marchés financiers. Elle doit y placer entre 7 et 8 milliards d'euros pour refinancer sa dette.Du bâteau à l'autocar? Le dossier SeaFrance: la SNCF, maison-mère de la compagnie maritime, renouvelle sa proposition de reclasser tous ses salariés, en cas d'échec du projet de reprise de l'entreprise, sous forme de SCOP. Attention!, prévient tout de même Guillaume Pepy, très peu de salariés de SeaFrance pourraient retrouver un emploi "sur place", à Calais.

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