Le vent pourrait être en train de tourner.

C'est une petite phrase. Une toute petite phrase, qui plus est, entourée de beaucoup de précautions, mais c'est un changement de ton qui mérite d'être souligné. D'autant qu'il est signé par Standard & Poor's, l'agence de notation que l'on dit "la plus dure", celle qui a dégradé les Etats-Unis, la France et mis sous surveillance l'ensemble de la zone euro. Et finalement la Terre entière. Dans une note publiée hier, l'agence change de ton, donc. "La crise de la dette dans la zone euro a peut-être atteint un tournant" écrit Standard & Poor's, qui salue ainsi les avancées obtenues au Sommet de la semaine dernière, à Bruxelles: on ne souvient pas d'un tel enthousiasme après l'un des "Sommets européens de la dernière chance" qu'on a vécu, ces derniers mois.

Attention, "il va falloir observer scrupuleusement leur mise en application" dit l'agence, mais, oui, les décisions prises à Bruxelles vont dans le bon sens. Notamment la supervision unique des banques européennes qui va être mise en place, et la possibilité offerte de recapitaliser directement celles qui vont mal. Tout ça "contribue à la stabilisation de la zone euro" et même devrait contribuer à "endiguer toute nouvelle détérioration de la qualité des dettes européennes" écrit Standard & Poor's. Qui ajoute, cela dit, une 2ème raison à son enthousiame tout mesuré: la décision attendue, pour cet après-midi, de la Banque Centrale Européenne.

Elle devrait abaisser son principal taux directeur. Le ramener à 0,75%. Ce serait "du jamais vu". En économie comme ailleurs, on aime bien sonder les gens: l'agence Bloomberg a interrogé 62 économistes, et 46 (une large majorité) parient sur une telle baisse. Quelques uns même, sur une baisse plus forte encore. Si elle est confirmée, ce sera le signe que la BCE, comme Standard & Poor's, a apprécié les décisions prises à Bruxelles. Mais ce sera aussi le signe, plus inquiètant, que l'économie va décidément mal et qu'il faut agir pour la croissance. En baissant ses taux, la BCE veut relancer l'investissement, donc l'activité et donc l'emploi. Il était temps.

2,7%. On commence avec cette promesse non-tenue du candidat Hollande. Elle concerne les dépenses de santé. L'information est passée relativement inaperçue, hier, noyée parmi les annonces de hausses d'impôts. Le gouvernement a fixé à 2,7% l'objectif de dépenses de santé l'année prochaine (ce qu'on appelle l'ONDAM). C'est pluss que ce qu'avait prévu le gouvernement Fillon, mais c'est moins que ce François Hollande avait annoncé: 3%, par an. La ministre des affaires sociales, Marisol Touraine a estimé qu'il s'agissait, tout de même, d'un effort "considérable": 4,6 milliards d'euros supplémentaires, et selon elle, la "fin de la logique de restriction".Grèce. Dans le collectif budgétaire, cette autre information passée discrètement: la France va verser 754 millions d'euros supplémentaires à la Grèce. Il s'agit du remboursement des intérêts perçus par la Banque de France, sur les titres grecs qu'elle détient dans ses comptes.Gaz, suite. Les tarifs du gaz. Jean-Marc Ayrault affirme que la hausse attendue ne dépassera pas le niveau de l'inflation. C'est-à-dire 1,9% contre 4,1% réclamés par GDF Suez. Le montant définitif devrait être connu d'ici au 20 juillet. Le Premier ministre n'a pas caché, cela dit, qu'il reste des problèmes "techniques et juridiques" pour obtenir cette hausse limitée.

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