Jean-Paul Bailly, le patron de la Poste, est manifestement prêt à laisser sa place. Hier soir, en pleine conférence de presse, c'est lui qui s'est précipité pour trouver une chaise à quelqu'un qui, sous l'effet de la chaleur, sans doute, était à deux doigts de tomber dans les pommes. C'est finalement le fauteuil de son propre bureau qu'il est allé chercher. "Prenez le fauteuil du patron" a lâché Jean-Paul Bailly, qui, le matin même, devant son Conseil d'administration, avait confirmé sa décision de quitter son poste avant la fin de son mandat. Une décision qui a surpris. En interne, d'abord: "on n'a pas vu le coup venir" raconte un membre du comité exécutif. Mais aussi au gouvernement: "un conseiller à Bercy, à qui j'ai annoncé ma décision, m'a dit que d'habitude, les patrons des entreprises publiques viennent plutôt réclamer un recul de la limite d'âge, pour s'accrocher" raconte le patron de la Poste. Jean-Paul Bailly pour se justifier avance, d'abord, des raisons personnelles: "je ne suis pas malade" mais en partant maintenant "je respecte un engagement personnel". Il ajoute que ce départ se fait aussi dans l'intérêt de l'entreprise. Hier, la Poste dévoilait son nouveau projet stratégique pour les 5 prochaines années, "et j'estime, explique Jean-Paul Bailly, qu'il est préférable que le futur patron le conduise, du début à la fin. "Il faut un capitaine", résume-t-il. "Pour les tempêtes à venir" est-on tenté de rajouter parce que le projet stratégique annonce un profond changement pour l'entreprise. Il anticipe la poursuite de la chute de l'activité "courrier" (déjà 30% de perdu depuis 2008). La faute à la crise mais aussi et surtout au numérique qui réduit également l'activité aux guichets. Alors, il va falloir s'adapter. Forcément. La Poste pense transformer ses facteurs en agents certifiés des assurances. Ils pourraient, à l'avenir, prendre, par exemple, des photos datées et homologuées d'un dégât des eaux. "Notre atout, c'est la confiance qu'ont les Français en leur postiers" explique leur futur ex-patron. Qui, hier soir, harcelé de questions par les journalistes, a refusé de dire si Philippe Wahl, le patron de la Banque postale, était son favori pour lui succéder. En interne, tout le monde le dit, Jean-Paul Bailly, lui, refuse de commenter. Sans doute, pour ne pas hypothéquer ses chances. Le gouvernement décidera "dans les meilleurs délais". Plusieurs noms circulent, déjà, dans la presse. Un cadre de la Poste, tout sourire, se retourne, hier soir, vers une consœur: "tiens, vous n'avez pas cité, dans votre papier, le nom d'Anne Lauvergeon, sur ce coup là. On n'est pas assez bien?".

Le retour de "Super Mario". Et son super pouvoir, la parole. Mario Draghi, le président de la Banque Centrale Européenne a volé au secours des marchés, hier. Il a promis de conserver des taux d'intérêt bas... "aussi longtemps que nécessaire". Ces paroles ont atteint, immédiatement, leur but: la baisse des taux d'intérêt sur les dettes des Etats, et notamment des pays européens les plus fragiles.

Taxes diverses. Les "taxes affectées" dans le collimateur de la Cour des Comptes. Il s'agit de taxes dont les recettes financent directement des agences, ou des opérateurs publics. La redevance télé, par exemple. Il en existe plus de 300, au total. Beaucoup sont modestes, indolores mais, elles augmentent plus vite que les impôts, et échappent parfois à tout contrôle. La Cour des Comptes propose de plafonner certaines de ces taxes. Et pour d'autres, de les réintégrer au budget de l'Etat.

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