C'est un patron du CAC 40, membre du Medef (il préside l'une de ses commissions) qui l'admettait récemment, en petit comité: le message aujourd'hui du patronat n'est pas le bon. C'était à la toute fin d'un déjeuner, avec plusieurs journalistes. Le moment des confidences, et des petits chocolats. Que pensez-vous des déclarations publiques de Pierre Gattaz? Long silence, quelques précautions d'usage, puis finalement, son commentaire: "on ne peut pas obtenir 30 milliards d'allègements, 50 milliards d'économies, et dire immédiatement "ce n'est pas assez, on veut le double! La surrenchère permanente, ce n'est pas la bonne méthode". Au gouvernement, à l'Elysée, on pense, évidememnt, la même chose. Hier, le ministre du Travail, chargé pourtant du dialogue social, et qu'on attendait donc, dans un autre registre, s'est même fâché, sur ce thème. "Alors que le gouvernement fait un effort sans précédent, c'est incroyable d'entendre sans arrêt les entreprises se plaindre, geindre, pleurnicher". François Rebsamen réagissait aux dernières déclarations de Geoffroy Roux de Bézieux, n°2 du Medef, menaçant de "sortir" du Pacte de responsabilité, et surtout, qualifiant de "supercherie", la baisse annoncée des impôts sur les entreprises. "Les entreprises ne verront aucune différence sur leur feuille d'impôt", l'année prochaine, a dit encore le vice-président du Medef, feignant de découvrir les projets du gouvernement. Les textes budgétaires, qui arrivent au Parlement, sont pourtant conformes aux annonces de Manuel Valls, lors de son discours de politique générale, prononcée il y a 2 mois. La logique reste celle-ci: d'abord la poursuite de la baisse des charges. Et ensuite la baisse des impôts... renvoyée -c'est vrai- à 2016, 2017. Mais dès 2015, en plus du milliard d'allégements prévu pour les travailleurs indépendants, le début de la suppression de la C3S, la Contribution Sociale de Solidarités des Sociétés, est calé: 1 milliard, là encore. Ces mesures, annoncées le 8 avril dernier, on les retrouve bien dans les textes à venir. Le Medef, en jouant (faussement) la surprise et (franchement) la surrenchère, court le risque d'agacer une majorité sur cette politique pro-entreprise. C'est audacieux: elle ne demande que ça!

Stable. Le chômage se stabilise, en France, à 9,7%, au 1er trimestre de cette année, selon l'INSEE, ce matin, sur des normes internationales. 10,1% avec les départements d'outremer.Attendue . La Banque Centrale Européenne, très attendue aujourd'hui pour sauver la croissance. On s'attend à l'annonce d'une baisse de son principal taux directeur. Mais aussi, et ce serait une première, à l'instauration de taux d'intérêt négatifs pour ses dépôts. Autrement dit, les banques pourraient avoir à payer pour déposer, à court terme, leur argent, à la BCE. Le but, c'est de les inciter à prêter cet argent aux entreprises et aux particuliers, plutôt qu'à s'en servir de réserve de précaution.En baisse. Le Baromètre Posternak / IFOP sur l'image des grandes entreprises françaises. Avec France Inter. La grande distribution recule, comme les banques. La bataille autour du rachat de SFR, surtout, a nuit à l'image du secteur des télécoms: les 4 opérateurs sont en recul. Bouygues plus que les autres.

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