Ce sont les Français, qui sont de plus en plus "hard"... de plus en plus "hard discount"! Une enquête, publiée hier et qui fait référence dans le secteur de la grande distribution, le confirme : la part de marché des magasins "maxidiscomptes" (les Lidl, Leader Price, ED, Aldi et Netto) leur part globale a encore augmenté, l'année dernière, en France. Plus de 14%, désormais (soit un peu plus que l'ensemble des hypermarchés Carrefour par exemple, ce n'est pas rien ; Leclerc restant le leader inconstesté, avec 16% du marché). La première raison de ce succès, elle est mécanique : les magasins hard-discount se multiplient partout. Et s'aggrandissent. Résultat : en 2008, leur surface commerciale a grandi de 10%. Il y a, donc, un effet "volume". Ensuite, le "modèle", très décrié à son démarrage, en France, à la fin des années 80, a gagné de nouveaux clients. L'image de ces magasins un peu honteuse a disparu. Les classes aisées y vont, désormais, les bobos et mêmes les "bios" qui y trouvent quelques produits "labellisés". Le succès de ces magasins, aujourd'hui, s'explique aussi par l'apparition dans leurs rayons, de produits de grande marque, comme le Coca. L'Allemand Lidl a été le premier à se diversifier de la sorte. En 2008, il a conforté sa place de n°1 du hard-discount en France, et c'est notamment grâce au référencement, dans ses magasins, de marques nationales, connues de tous. ED (la chaîne maxidicompte derrière laquelle se cache Carrefour, Netto qui appartient aux Mousquetaires, Leader Price à Casino) ont tous adopté la même stratégie. Seule Aldi reste "pure et dure". Pour toutes ces enseignes en tout cas, c'est aussi (et évidemment) le contexte économique global qui leur a permis ce résultat : dès la fin 2007, c'est la flambée des cours des matières premières qui a poussé de nouveaux clients dans leur magasin. Aujourd'hui, c'est la crise, le chômage, et la baisse du pouvoir d'achat. Parce que la vie est de plus en plus hard ! Le chômage explose en Europe. Les nouvelles prévisions économiques, publiées hier par la Commission européenne, annoncent, ni plus ni moins, le retour du chômage de masse, tel qu'on l'a connu, en Europe, jusque dans les années 80. Fin 2010, le taux de chômage, dans la zone euro dépassera 11%, avec des "pointes" (si on peut dire) à plus de 20% en Espagne. 16% en Irlande. La France ne devrait pas être loin de 11%. Jean-Claude Junker, le chef de file des ministres des Finances de la zone euro exhorte les entreprises à éviter les licenciements massifs. Il dit craindre une "crise sociale" à l'échelle européenne. "Potentiellement explosive", ajoute-t-il. Deux pour le prix d'une. En France, l'Intersyndicale appelle à deux nouvelles journées de mobilisation : le mardi 26 mai (avec possibles appels à la grève dans certains secteurs), et le samedi 13 juin, avec des manifestations dans toute la France. La bourse, elle, anticipe la reprise. Les hausses ont été fortes, hier, presque partout, en raison, notamment, de la publication de bons indices pour l'immobilier américain. A Paris, le CAC 40 efface ses pertes de l'année. Depuis début mars, l'indice parisien a bondi de près de 30%.

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