C'est comme ça qu'hier soir, un dirigeant de la CGT commentait la décision de Force Ouvrière d'appeler, seul (en tout cas, à ce stade) à une journée de grève interprofessionelle (public/privé), le mardi 15 juin. Avec manifestation, à Paris. Le tout, "pour la défense des retraites". Depuis quelques temps, on sentait bien que cet appel à la "grève générale" démangeait l'organisation dirigée par Jean-Claude Mailly. FO, depuis l'automne, est sorti de l'Intersyndicale. Fait bande à part, estimant que les manifs à répétition, "ce n'est plus efficace" et qu'il faut, donc, passer à quelque chose de plus fort: la grève! Prenant son courage à 2 mains, c'est donc hier, que Jean-Claude Mailly a lancé cet appel, pour le 15 juin prochain... ne recueillant, pour le moment, que les sarcasmes de ses camarades des autres syndicats Qui jugent totalement "contre-productif" cet appel à la grève. D'abord parce qu'il divise le camp syndical. Bernard Thibault, dans ce studio, a eu des mots très durs, la semaine dernière: "FO retrouve sa posture classique du "diviseur" a dit leader de la CGT. Ensuite, la date retenue par FO -le 15 juin- est un mauvais choix, estiment les organisations de l'Intersyndicale. C'est à la fois trop lointain et pas assez. "Trop lointain", parce que, c'est dès maintenant qu'il faut maintenir la pression sur le gouvernement, selon la CGT et la CFDT. "Pas assez", parce qu'on ne sait pas si à cette date, le gouvernement aura dévoilé sa réforme. Autrement dit, si on ne connait toujours pas le 15 juin prochain, les mesures retenues (par exemple, la fin de la retraite à 60 ans), la grève générale a toutes les chances d'être un flop! "Force ouvrière ira tout seul. On comptera les grévistes, ce jour-là, et ce sera cruel" lâche un peu amusé un cégétiste): "le 1er mai, ils n'étaient même pas un millier de militants FO à défiler, à Paris!" Jean-Claude Mailly, de son côté, ne cache pas qu'il prend un grand risque, en appelant seul à la grève. Marc Blondel, en son temps, n'avait jamais osé... Mais voilà, "à un moment, il faut prendre ses responsabilités" dit Mailly qui fait le calcul que cette date du 15 juin finira par s'imposer. Et que d'autres organisations syndicales (et politiques) finiront par le rejoindre. Au fond, Force ouvrière essaie de ravir à la CGT son statut de 1er syndicat contestataire. De l'attaquer "par sa gauche", si on peut dire. C'est -oui!- un pari très risqué! C'était "n'importe quoi" hier sur les marchés financiers! C'est bien le commentaire qui s'impose. Une rumeur folle ("le gouvernement espagnol s'apprête à solliciter, en urgence, l'aide du FMI. 280 milliards d'euros!")... cette rumeur -que personne n'a prise véritablement au sérieux- a tout de même enflamé les marchés, hier: toutes les places boursières, jusqu'à Wall Street, ont chuté. Certains investisseurs ont, clairement, paniqué. Preuve de l'extrême fébrilité du marché, en ce moment. D'autres ont, tout aussi clairement, spéculé! L'euro est passé sous la barre de 1,30 dollar. DSK... monsieur anti 5% Dans un entretien accordé au Parisien, ce matin, Dominique Strauss-Khan affirme qu'il faut tout faire pour empêcher une contagion de la crise grecque, au reste de l'Europe. Il critique aussi le taux d'intérêt de 5%, auquel les Européens vont prêter à la Grèce. "Il est plus fort que celui du FMi", note-t-il, et "les Européens auraient pu faire un effort". La Générale, aussi dans la tourmente? Ce matin, la Société générale annonce un bénéfice un peu plus d'un milliard d'euros, au premier trimestre 2010: c'est plus que prévu. Mais surtout, la banque révèle qu'elle est fortement exposée à la dette grecque. Pour 3 milliards d'euros! C'est bien supérieur aux estimations qui circulaient jusqu'ici!

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