C'est un responsable de la CGPME, l'organisation qui défend les petites et moyennes entreprises, qui raconte: "ça fait des jours et des jours maintenant que nous protestons contre la prime aux salariés que Nicolas Sarkozy veut imposer aux patrons, ça fait des jours que nous nous agitons et que nous faisons toutes les télés et toutes radios pour "hurler" notre opposition au projet... et pas un coup de fil de Xavier Bertrand! En temps normal, le ministe, qui veux choyer les PME autant que son réseau, appelle immédiatement pour s'expliquer. Et arrondir les angles. Dans cette "affaire de la prime": rien. Silence radio. Ce responsable patronal décrypte: "la consigne, cette fois-ci, c'est clairement d'afficher que le gouvernement et le Chef de l'Etat sont du côté des salariés. Contre les patrons". Et c'est pour ça, que dans le camp patronal, on a très vite intégré l'idée que le gouvernement ne lâchera pas sur le principe de cette prime. Mais cela dit, ça ne l'empêche d'agir pour limiter au maximum son impact. Et son ampleur. Matignon, hier soir, a fixé les derniers détails, avant l'envoi de l'avant-projet de Loi au Conseil d'Etat mais la bataille reste à mener. Et elle se jouera, en partie, au Parlement. A la CGPME, on espère donc encore (grâce à l'appui des députés et des sénateurs) éviter l'inscription de cette prime dans le Code du Travail. On croit, aussi, pouvoir empêcher son caractère reconductible. On espère, enfin, obtenir le relèvement du seuil qui rend obligatoire cette "satanée prime". A ce stade, le gouvernement parle des entreprises de plus de 50 salariés. Le patronat aimerait que seules "les plus de 250" soient concernées. Le Medef poursuit le même objectif. Mais Laurence Parisot tenterait de jouer une carte supplémentaire. On raconte qu'elle serait en train d'appeler, un à un, les patrons du CAC 40 qui, théoriquement, vont échapper à la prime (parce que leurs dividendes n'ont pas augmenté, ces 2 dernières années). Ils sont une quinzaine: Total, Vivendi, par exemple. Objectif: les convaincre de verser quand même la prime pour pouvoir, ensuite, mieux négocier pour les entreprises plus petites. Après tout, explique un membre du Medef: "ce sont les profits du CAC40 qui agace Sarkozy. C'est donc aux grands patrons de faire un geste". La guerre en Lybie a déjà couté 50 millions d'euros à la France. Gérard Longuet, le ministre de la Défense a lâché l'estimation, hier soir, devant la Commission de la Défense, à l'Assemblée nationale. C'est le journal Les Echos qui l'affirme. Une dizaine de millions d'euros a été dépensé en primes, accordées aux militaires engagés. Le coût des munitions tirées par les avions de combat, lui, avoisine les 30 millions d'euros. "Et encore", a semble-t-il expliqué le ministre... "l'armée de l'air a été économe avec ses missiles de croisière". Ils coûtent 1 million d'euros pièce. AAA. Moody's affirme que la note de la France n'est pas menacée aujourd'hui. Même un rejet de la "règle d'or" budgétaire, c'est-à-dire l'inscription dans la Constitution d'un retour à l'équilibre (elle actuellement en discussion au Parlement mais a peu de chance d'être adoptée, devant l'opposition des Socialistes) ne remettrait pas en cause, le "triple A" français, la meilleure note possible.

L'équipe

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.