Le chef de file de la CGT chez Sanofi, Thierry Bodin ne se fait guère d'illusion. Cette année encore, avec quelques militants et salariés (une "trentaine au total" espère-t-il), ils vont manifester à l'entrée de l'Assemblée générale des actionnaires de leur entreprise. Ce sera, cet après-midi, à Paris. Ils espèrent, également, intervenir au cours de la traditionnelle séance des questions-réponses avec la salle. Mais, Thierry Bodin ne se fait guère d'illusion: les actionnaires, les petits porteurs, "ils ont tous plus de 70 ans. Ils viennent juste vérifier que leur épargne est bien gérée, et que le buffet est bon: rien d'autres ne les intéressent! Quant aux dirigeants de Sanofi, ils nous connaissent, ils sauront nous repérer, et ils ne nous laisserons jamais attraper un micro, pour poser une question". Les arguments, pourtant, sont prêts. Résumés dans le tract qui sera distribué, et qui compare les emplois, les salaires, les aides publiques, et le montant des dividendes. Pour l'emploi, c'est sans appel: depuis 2008, 4 mille emplois ont été supprimés chez Sanofi, soit 17% des CDI. 8 sites ont été fermés ou vendus. En parallèle, la CGT de Sanofi affiche les crédit d'impôts accordés à l'entreprise, sur la même période. En 2008, 70 millions d'euros. L'année dernière, plus du double: presque 150 millions, en majorité constitué du CIR, le Crédit d'Impôt Recherche. Et le syndicat-maison d'appuyer exactement là où ça fait mal à beaucoup de députés socialistes qui n'ont cessé de protester contre ce phénomène (récemment encore, lors de leur fronde "anti-50 milliards"): que ce soit pour le CIR, comme le CICE (le Crédit d'Impôt Compétitivité Emploi), ces millions ont été accordés sans contrepartie. Conclusion de la CGT: "plus les crédits d'impôt augmente, plus les emplois sont sacrifiés". Sur les rémunérations, c'est plus classique. La CGT Sanofi compare l'évolution des salaires dans le groupe (0% d'augmentation collective, augmentation individuelle limitée à 1,5%, baisse de la prime d'intéressemment) et l'envol de 15% de la rémunération de Chris Viehbacher, grâce à la distribution généreuse d'actions de l'entreprise. Pour un total dépassant 8 millions et demi d'euros. Le dernier calcul de la CGT Sanofi concerne les actionnaires. Entre la distribution de dividendes et le rachat et l'annulation d'actions, ce sont 5 milliards d'euros qui vont être consacrés à la rémunération du capital. La CGT conclut sur ce calcul: sur les 60 mille euros, générés l'année dernière par chaque salairié de Sanofi (le bénéfice divisé par le nombre de salariés): sur ces 60 mille euros, 48 mille iront aux actionnaires.

Au revoir. Le Portugal dit "au revoir" à la Troïka. La "Troïka", c'est ce groupe d'experts, du FMI, de la Commission européenne et de la Banque Centrale Européenne, qui a imposé -faisons court- les mesures "d'austérité" aux pays de la zone euro en difficulté, en échange de dizaines de milliards d'euros d'aide. Le Portugal, aujourd'hui, doit annoncer, officiellement, sa "sortie" du plan de sauvetage. Lisbonne a même choisi une sortie "propre", comme on dit à Bruxelles, c'est-à-dire sans ligne de crédit de précaution. Ce qui lui permet de s'affranchir, totalement, de la Troïka.Rechute. Le "Baro-éco" France Inter / Viavoice / HEC / Le Figaro. Après le "rebond" du mois dernier, c'est la rechute: le moral des cadres recule, pour cette vague de mai. Ils sont inquiets de l'évolution de leurs perspectives personnelles. On ne sera pas surpris: l'inquiètude est plus forte parmi les cadres de la fonction publique, après l'annonce de la poursuite du gel de leur point d'indice.

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