"Intrigante" la page 2 du "Canard enchaîné" cette semaine : on y apprend que Nicolas Sarkozy ferait travailler ses équipes sur l'idée d'un nouveau grand emprunt public, auprès des Français. Emprunt pour financer notre dette, qui va se creuser de plus de 120 milliards d'euros, cette année (sous l'effet de la crise). Si on ajoute les emprunts qui arrivent à échéance, et qu'on va donc rembourser en s'endettant à nouveau, ce sont pas loin de 200 milliards d'euros qu'il va falloir trouver, dans les prochains mois. La France, comme tous les autres pays, trouve ces milliards en empruntant sur les marchés financiers. Pas de problème : "notre signature est belle", affirme la ministre Christine Lagarde, "on n'a donc pas de soucis pour trouver quelqu'un qui veut bien nous prêter de l'argent". La note internationale de la France reste, c'est vrai, la meilleure possible : un triple "A" qui permet d'obtenir des taux d'intérêt raisonnables. Le recours à un "grand emprunt public", l'appel à l'épargne des Français, n'a donc pas beaucoup de sens, aujourd'hui. Il en a un "politique", éventuellement : la réussite d'une souscription de ce genre est souvent considérée comme une sorte de plébiscite qui pourrait, du coup, tenter l'Elysée. En temps de crise, une telle opération renvoit, aussi, l'image d'un pays "uni" face à l'adversité. Le dernier grand emprunt, lancé en France, c'était précisément lors de la dernière récession, en 93, l'emprunt Balladur ! Il n'a pas échappé, cela dit, aux critiques, et son bilan est assez mitigé. L'opération ne pouvant pas échouer, les conditions accordées aux épargnants sont souvent très généreuses, et donc coûteuses pour l'Etat. Il y a eu, dans l'Histoire, l'emprunt Ramadier, 2 emprunts Pinay, 1 emprunt Barre. L'emprunt Giscard, lui, reste un souvenir douloureux. C'était en 73. Le ministre de l'Economie d'alors décide d'indéxer son emprunt sur l'or qui va se mettre (pas de chance!) à flamber. Résultat des course : pour moins de 7 milliards de francs empruntés, il en coûtera à l'Etat pas moins de 80 milliards ! Un tel emprunt, c'est donc, toujours, une très bonne affaire pour l'épargnant mais rarement une bonne nouvelle pour le contribuable ! L'Elysée devrait continuer, donc, à bien réfléchir, avant de se lancer. L'argent de moins en moins cher en Europe ! La Banque Centrale Européenne devrait, à nouveau, baisser aujourd'hui, son principal taux directeur. L'objectif, c'est évidemment de contrer la crise, en relançant le crédit, et l'activité économique. Tout le monde s'attend à une baisse d'un demi-point, à 1,5%. C'est, tout simplement, pour la BCE, son plus bas niveau historique ! En octobre dernier, ce même taux était encore à plus de 4% ! Les taux des crédits de court terme, comme les crédits à la consommation, devraient, donc, rapidemment suivre le mouvement. Et baisser. Le "joli" rebond des places boursières, hier. Après plusieurs séances de baisse. C'est le CAC 40, à Paris qui, à ce petit jeu a été le plus fort : une hausse proche de 5%, grâce à de bons résultats d'entreprises. En Asie, la rumeur d'un nouveau Plan de relance en Chine, a boosté les marchés. Les nouvelles mesures de soutien pourraient atteindre plus de mille milliards d'euros. Soit 33% du PIB chinois ! En Europe, l'automobile déprime toujours. L'Association européenne des constructeurs annonce un possible recul de 25% de la production de voitures, cette année.

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