Une chronique de Régis Lachaud. _____ Nicolas Sarkozy a relancé la polémique avec Renault hier à Marignane, sur les emplois industriels délocalisés. Le constat du président est le suivant : "il n'est pas normal que le grand groupe privé PSA ait les deux tiers de ses effectifs en France quand Renault (dont l'Etat est propriétaire à 15%) n'en a plus qu'un tiers seulement !" Et, comme il l'avait dit en janvier au sujet de la production en Turquie de la future Clio 4, il refuse d'accepter qu'on fabrique à l'étranger des voitures pour les ramener en France. Evidemment, ces propos appellent plusieurs commentaires, en rappelant d'abord le contexte : nous sommes à neuf jours du premier tour des élections régionales. En campagne électorale... Ensuite, on peut rappeler la réponse du PDG de Renault, Carlos Ghosn : une twingo produite en Slovénie coûte 1000 euros moins cher qu'une twingo produite en France. Or, le consommateur privilégie les prix bas. Il faut donc produire le moins cher possible si l'on veut vendre. Toutes les twingo 2 sont aujourd'hui produites dans l'usine slovène, y compris celles qui sont vendues en France. Cela dit, le gouvernement conserve des moyens pour agir, mais certainement pas au nom des 15% du capital de Renault que l'Etat français détient toujours. Un actionnaire majoritaire peut imposer ses vues aux dirigeants de l'entreprise. S'il détient une minorité de blocage (au moins 33%), il conserve une large influence sur la stratégie de l'entreprise. Mais, à 15%, il ne peut que proposer, ou suggérer... Et, surtout, recevoir les dividences s'il y a des bénéfices. Le vrai pouvoir de décision est dans les mains des dirigeants de l'entreprise. En janvier, l'action Renault cotée en Bourse a baissé quand l'Elysée a fait pression sur les dirigeants de Renault. Et, en plus, Paris s'est attiré les foudres de Bruxelles au nom de la libre concurrence. La Commission Européenne surveille les Etats membres pour éviter toute mesure protectionniste. Les marges de manoeuvre d'un gouvernement sont donc aussi limitées en matière de règlementation. Restent aux politiques les décisions en matières d'infrastructures, de formation des salariés et de fiscalité sur le travail ou sur l'épargne pour encourager les investissements. Et, bien sûr, les discours volontaristes, surtout en période de campagne électorale ! Le bilan financier de la tempête du week-end dernier augmente de jour en jour. La tempête Xynthia coûtera au moins 1,2 milliards d'euros aux assureurs. LA Fédération des Sociétés d'Assurances a parlé hier d'"une estimation basse". Elle estime à 500 000 le nombre de sinistres déclarés au total sur le territoire. Le chomage à son plus haut niveau depuis onze ans en France. Selon l'enquête emploi trimestrielle de l'Insee, le taux de chomage est revenu à 10% pour l'ensemble du territoire, y compris l'outre mer. La crise depuis deux ans a donc effacé huit années de réduction du chomage. Parmi les plus touchés, les jeunes. Pour la première fois depuis la création des statistiques du chomage il y a quarante ans, le taux de chomage dépasse 25% (plus d'un sur quatre) pour les hommes agés de moins de 25 ans. La Grèce a convaincu les marchés financiers. Après l'annonce de son plan d'austérité budgétaire de 5 milliards d'euros, les investisseurs se sont bousculés hier pour acheter des obligations grecques à 10 ans émises par les autorités. Résultat : trois fois plus de demandes que d'offres. Et les trois quarts de cet emprunt placé à l'étranger avec un taux élevé, 6,38%. Dans le même temps, la situation sociale reste tendue avec une journée de grèves et de manifestations, aujourd'hui dans tout le pays. Le premier ministre grec Georges Papandréou se rend ce matin en Allemagne pour évoquer la solidarité européenne.

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