le medef demande au gouvernement 60 milliards de baisse de prélèvements
le medef demande au gouvernement 60 milliards de baisse de prélèvements © reuters

Le certificat qui l'accompagne stipule 2 choses. D'abord que ce pin's Medef, "sur sa base métal, (est) poli main finition nickelée et de création française". Ensuite, que "les résines polyuréthanes sont traitées anti-UV sur vinyle polymère avec des encres éco-solvant, de fabrication française". Ce pin's, sur lequel est écrit, surtout, en gros, "1 million d'emplois", chez les patrons, ne cesse de revenir dans les conversations.

Pour être critiqué évidemment. C'était le cas encore hier soir. Il n'a pas fallu longtemps pour qu'un négociateur patronal peste, une nouvelle fois contre lui: "ce pin's a été pris comme une promesse d'embauches et nous a piégé" répète-t-il, au terme d'une journée tendue pour le "camp patronal" dans le cadre des négociations sur le Pacte de responsabilité.

Plusieurs heures auront été nécessaires pour que les organisations patronales s'entendent sur un texte, qui, au final, ne convient pas aux syndicats. L'histoire commence, hier matin. Par mail, le Medef envoie, pour validation, à ses partenaires patronaux, son projet de compromis. Immédiatement, à la CGPME et à l'UPA (les artisans), on bondit: "ce texte va trop loin!". Selon un témoin, cette première version parle d'objectifs "quantifiables et chiffrables" au niveau national et au niveau des branches. "C'est inacceptable", pour la CGPME, qui veut s'en tenir à cette seule ligne: "il est impossible de s'engager sur des embauches" et pour l'UPA qui, elle, veut bien discuter, éventuellement, des contreparties, mais veut que le texte renvoie cette discussion, à plus tard, une fois qu'on connaîtra le calage précis des 30 milliards d'allégements de charges. "S'il s'agit d'une baisse de cotisations à effet immédiat, ce n'est pas la même chose qu'un nouveau crédit d'impôt, à effet retard" explique un négociateur.

En fait, les uns et les autres ont cette désagréable impression que le Medef, avant de les consulter sur ce texte, a d'abord négocié en vis-à-vis avec la CFDT. "Ils font souvent cela, pensant qu'on va dire "oui" ensuite, sans broncher. Cette fois-ci, c'était non!". Toute la journée d'hier donc, Medef, CGPME et UPA ont discuté, et rediscuté du texte. L'ont amendé et, finalement, trouvé un compromis qui engage très peu les patrons, et quand il le fait, le fait avec beaucoup de conditions. En fin d'après-midi, ce texte est finalement envoyé aux syndicats, qui, fort logiquement, le rejettent. On en est là ce matin, avant une nouvelle séance de négociation. Hier, Matignon a appelé, plusieurs fois les uns et les autres, pour redire que c'est l'avenir du Pacte qui est en jeu. Commentaire d'un patron, prêt à en découdre: "c'est du bluff. Je vois mal le gouvernement retirer sa promesse de baisse de charges parce que patronat et syndicats n'auraient pas trouvé un compromis !".

En baisse. Les loyers baissent dans les grandes villes. On parle, bien-sûr, des loyers à la relocation, pour de nouveaux locataires. Selon l'observatoire Clameur, qui représente les bailleurs, les loyers baissent en ce début d'année dans une majorité de grandes villes. C'est le cas à Nice, Bordeaux, Marseille, Toulouse, et même à Paris, où les locataires peuvent gagner une vingtaine d'euros par mètre carré. En revanche, les loyers continuent à augmenter, à Angers, Villeurbanne, Lille, Lyon, Reims, Toulon et Montpellier. Toujours selon Clameur, l'encadrement des loyers, qui entrera en vigueur prochainement pourrait faire baisser les loyers dans une relocation sur 5, dans les 10 plus grandes villes françaises.

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