Une chronique de Bruce de Galzain Je croyais qu'il n'y avait qu'un omnipotent, en l'occurrence, le G20 qui décidait de l'avenir des paradis fiscaux sur la planète. Les 20 grands argentiers s'appuient sur 3 listes de l'OCDE, liste blanche pour les pays sans histoire, grise puis noire pour les pays qui ne coopèrent pas. Mais cette dernière se vide petit à petit puisqu'il suffit de signer des conventions avec 12 pays. Monaco par exemple s'est sortie d'affaire en signant avec les Bahamas, le Lichtenstein ou encore le Luxembourg. Mais voilà que l'idée d'une nouvelle liste apparaît cette semaine, elle sera franco-française et actualisée chaque année. Une lueur d'espoir pour les pourfendeurs des paradis fiscaux qui finalement déchantent puisque tous les pays de l'Union européenne sont automatiquement écartés de cette liste. Pourtant, c'est bien à nos propres frontières que sévissent les paradis fiscaux. Une plate-forme d'ONG internationale vient de publier une autre liste des paradis fiscaux moins diplomatique que celle de l'OCDE et du G20. On y retrouve en tête l'Etat du Delaware aux Etats-Unis, le Luxembourg, la Suisse mais aussi la City de Londres, l'Irlande, la Belgique. Autrement dit le cœur du problème est tout prés de chez nous, trop prés de chez nous peut-être ! Pour autant, le CCFD qui fait partie de la plate-forme d'ONG internationale ne remet pas en cause l'effort français pour lutter contre l'évasion fiscale. Mais cet effort concerne surtout les particuliers, une cellule de régularisation avec un numéro de téléphone a même été mis en place à Bercy et souvenez-vous d'Eric Woerth, le ministre du budget, dévoilant et brandissant devant les caméras une liste de 3000 évadés fiscaux. Des évadés qui ont déjà commencé leur travail de lobbying auprès des députés pour se défendre ! Le problème, ce ne sont donc pas les particuliers, ce sont les grandes entreprises internationales et là Bercy est plus frileux. Même si le ministère demande plus de transparence, les organisations patronales ne se montrent pas effrayées. Pourtant c'est bien cette liste, une liste d'entreprises qu'il faudrait établir ; les entreprises qui s'évadent des pays pauvres notamment car selon le CCFD l'évasion fiscale représente chaque année 125 milliards d'euros de manque à gagner pour ces pays pauvres, c'est 5 fois le montant qui permettrait d'éradiquer la faim dans le monde. Et moi qui croyais qu'il était plus difficile aux riches d'entrer au paradis ! 25 à 50 milliards d'euros pas davantage ! C'est la fourchette du grand emprunt annoncée par Nicolas Sarkozy qui tranchera définitivement début décembre. Le chef de l'Etat attend encore les conclusions de la commission Rocard-Jupé qui finalement se réunira une dernière fois la semaine prochaine (ce n'était pas prévu !). L'Elysée n'empruntera sans doute pas la totalité de ces 25 à 50 milliards car Nicolas Sarkozy pourrait se servir des 13 milliards d'euros que les banques remboursent en ce moment à l'Etat. Les banques qui devront se conformer aux engagements peu contraignants du G20 sur les bonus. L'arrêté est publié ce matin au Journal Officiel. Pierre Gadonneix passe la main à Henri Proglio ce matin au cours de l'Assemblée Générale d'EDF. Henri Proglio sera officiellement nommé par le gouvernement le 25 novembre prochain, il restera président non-exécutif de Veolia Environnement.

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