Par Bruce de Galzain.

Compétitivité or not compétitivité ? C'est par ce tweet hier soir que Laurence Parisot a fait part de son impatience, elle qui a réussi à imposer ce thème lors de la conférence sociale du mois de juillet. A cette époque, le chef de l'Etat est ouvert à un transfert des cotisations patronales sur la CSG notamment... un choix défendu par Louis Gallois à qui un rapport est commandé. Et voilà qu'après un été chahuté, le 9 septembre, François Hollande décide d'accélérer ses réformes. Tout ira plus vite : la négociation sur la réforme du marché du travail - décidée lors de la conférence sociale - devra aboutir d'ici la fin de l'année et des décisions seront prises sur la compétitivité. Déboussolés certains syndicats ne comprennent pas où va le chef de l'Etat lui qui leur avait donné jusqu'à mars 2013 pour négocier : "Il avait exactement la même démarche que Nicolas Sarkozy, confie un syndicaliste, en imposant une accélération du calendrier". Mais quelques jours plus tard, ce syndicaliste assiste à un rétropédalage du j'accélère de début septembre car le rapport Gallois à l'origine prévu pour le mois d'octobre est finalement remis au 5 novembre. Explication selon lui : "si le Medef avait obtenu son rêve absolu, dit-il, de baisse des charges avant la fin de la négociation sur le marché du travail, l'organisation patronale ne serait pas allée au bout et François Hollande aurait dû prendre la responsabilité seul sans le dialogue social d'en passer par la loi. Il devait donc continuer à agiter la carotte de la baisse des charges devant le Medef". Une autre explication est aussi donnée au sein de la majorité. A cette époque en septembre François Hollande finit par être convaincu par certains députés comme Karine Berger d'éviter un choc de compétitivité nuisible à la consommation : "transférer les cotisations patronales sur la TVA ou la CSG serait l'erreur économique à ne pas commettre" selon elle ! François Hollande a donc changé d'avis et le gouvernement a bien du mal à fixer un cap. Fuites et rumeurs se multiplient et vont faire du calendrier de la compétitivité une chronique de couacs annoncés. Dans la majorité, on se retourne vers l'Elysée pour savoir quelle position tenir mais pas de réponse ! Au bout du compte, beaucoup espèrent que le message délivré demain sera clair. Mais c'est le Premier Ministre et non le Président en voyage au Laos qui annoncera les 1ères décisions. Elles seront sans doute consensuelles sur la compétitivité hors-coût... la compétitivité prix elle pourrait encore attendre quelques mois !

Le moral des cadres au plus bas. Au plus bas depuis l'automne 2011 au plus fort de la crise de l'euro selon notre Baro-éco France Inter Viavoice HEC Le Figaro . C'est la vague de novembre. Mais dans ce contexte anxiogène les cadres plébiscitent les entreprises du secteur de l'énergie : Total, EDF et GDF Suez sont les sociétés qui offrent le plus d'opportunité dans l'avenir selon eux. Etudiants et jeunes diplômés misent aussi sur ce secteur, sur le luxe également avec LVMH.

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