Ca vous a, peut-être échappé, mais, hier, l'Arabie Saoudite a déclaré la guerre aux Etats-Unis. Au passage, elle a décidé de déstabiliser l'Iran, et la Russie. Et elle met en grande difficulté l'Algérie et Vénézuela. Une "guerre mondiale", autrement dit. Je ne délire pas, c'est sur le marché du pétrole que ça se passe: l'accélération de la guerre des prix. Conséquence immédiate, les marchés suivent: hier, les cours du pétrole brut, à New York, ont touché leur point le plus bas depuis 3 ans. A Londres, le Brent de la Mer du Nord a fini en dessous de 83 dollars, le baril: il faut remonter au 17 octobre 2010 pour retrouver un tel niveau. En 5 mois, les cours mondiaux ont fondu de 25%. Et ça se ressent à la pompe: les prix baissent. C'est toujours bon pour la croissance dans une économie carbonée! Cette baisse du prix du pétrole brut s'explique, par le ralentissement de la demande mondiale, mais aussi par l'abondance d'offre. En pareil cas, et pour soutenir les cours, les pays producteurs, généralement, décident de réduire leur production. Et c'est l'Arabie Saoudite, premier producteur mondial, qui se charge d'envoyer le signal. Le pays endosse le rôle du "swing producer", celui qui adapte sa production pour garantir la stabilité du marché. Mais voilà, hier, Ryad a changé de costume. L'Arabie Saoudite a annoncé qu'elle allait, non pas réduire sa production, mais réduire ses prix de vente aux Etats-Unis! Autrement dit, elle aussi, joue la baisse des prix. Sa priorité, désormais, c'est de défendre ses parts de marché attaquées par l'explosion de la production de pétrole de schiste, aux Etats-Unis. On annonçait une révolution, avec ses hydrocarbures dits "non conventionnels", la voilà, peut-être. En s'alignant sur les prix, l'Arabie Saoudite s'adapte. Elle espère aussi -et c'est en cela que son attitude ressemble à une déclaration de guerre- pousser à la fermeture de certains puits américains, puisqu'en dessous de 80 dollars le baril, beaucoup d'exploitations de pétrole de schiste deviennent non rentables. Voilà pourquoi le marché parie, aujourd'hui, sur une baisse durable des cours de pétrole. Une tendance qui ne fait les affaires d'autres pays producteurs, qui vont voir leurs revenus fondre: l'Iran, la Russie, mais aussi l'Algérie et le Vénézuela.

Bof. L'Europe ne va vraiment pas très bien. C'est ce qu'il faut retenir des dernières prévisions de la Commission européenne, publiées hier. Des prévisions revues à la baisse. La reprise économique, en Europe et en zone euro, est renvoyée à 2016. "La croissance cale en Allemagne, la stagnation se prolonge en France, et l'économie italienne se contracte": voilà comment Bruxelles résume la situation. Bruxelles qui ne prévoit pas, cela dit, une rechute en récession: c'est déjà ça. Le salut pourrait venir des pays malades ces dernières années, et qui se redressent nettement: l'Irlande, l'Espagne et la Grèce.

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