C'est aujourd'hui, à New York, que doit commencer un procès qu'attendent depuis 7 ans, les actionnaires, petits et grands, de Vivendi. Vivendi.."universal", comme on disait à l'époque de Jean-Marie Messier. C'est lui qui est poursuivi aujourd'hui, avec son ancien directeur financier Guillaume Hannezo et avec Vivendi en tant que personne morale. Ils sont accusés d'avoir menti, entre 2000 et 2002, sur l'état de santé de l'entreprise: présentation trop "flateuse" des comptes, communication financière "insincère". En mars 2002, Jean-Marie Messier déclarait "Vivendi va plus que mieux". En juillet, il démissionnait, son entreprise évitant de justesse le dépôt de bilan. La bataille juridique qui s'engage va être longue: on ne s'attend pas à une décision avant la fin de l'année. Mais ce qui frappe, ce matin, c'est que tout va se passer aux Etats-Unis. Le groupe est pourtant français. Ses activités sont en France. Son siège social aussi. Et les dirigeants mis en cause sont français. Alors certes, en France, il y a eu des enquêtes: l'Autorité des Marchés Financiers a déjà condamné Jean-Marie Messier et Vivendi. La justice est saisie, également: le parquet vient de requérir un non-lieu et on attend la décision du juge. Mais, ce qui va se jouer à partir d'aujourd'hui, de l'autre côté de l'Atlantique (bien loin!), c'est tout autre chose: c'est le premier procès permettant l'indemnisation des victimes, en tout cas des personnes -les actionnaires- qui s'estiment victimes des méthodes de Jean-Marie Messier: rassurés par ses déclarations, ils n'ont pas vendu leurs actions (ou même, en ont-ils acheté), alors qu'elles allaient s'écrouler. Elles estiment leur préjudice à 160 euros par action pour un total en milliards de dollars. Si tout va se jouer à New York, c'est que France, les "actions de groupe" (ou "class action") sont toujours interdites. Elles permettent le regroupement de plaignants, au civil, pour obtenir des réparations. Les consommateurs, comme les petits porteurs d'actions, sont très demandeurs. Depuis 2005, le gouvernement promet de les rendre possibles, mais rien ne vient. Toutes les tentatives ont échoué. Ca ne doit rien au hasard mais l'ancien Garde des Sceaux, Pascal Clément qui (malgré la promesse de Jacques Chirac) n'avait pas sur le sujet à l'époque, est aujourd'hui l'avocat de... Vivendi! Et ces derniers mois, il a travaillé à quoi (sans succès d'ailleurs jusqu'ici)? A exclure les Français de la procédure américaine. Précisément parce qu'en France les "action des groupes" n'existent pas! Nicolas Sarkozy... au chevet des PME, ce matin. Discours attendu devant 2 000 petits patrons, réunis à Paris. Le Président de la République devrait dévoiler un Plan de soutien de 2 milliards d'euros, au total. L'Elysée estime avoir mis en place des dispositifs suffisants pour permettre aux Petites et moyennes entreprises de surmonter la crise, commee la médiation du crédit. Le Plan de ce matin, c'est "l'étape d'après": permettre leur développement, en réglant l'éternelle question de la taille des PME françaises, trop petites pour conquérir des marchés à l'international. Le moral des cadres en baisse. Selon notre baromètre mensuel Vivoice, France Inter, HEC, L'express Réussir, Le Figaro Réussir et France 24. C'est la première baisse mesurée, en 6 mois. Le chômage et des perspectives d'évolution personnelle "assombries" expliquent ce recul. La crise du lait. Réunion extraordinaire des ministres de l'agriculture de l'Union européenne, aujourd'hui. Avec manifestation des producteurs sous leurs fenêtres, à Bruxelles.

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