C'est presque le prix d'une baguette de pain: l'action Dexia vaut tout juste 1 euro, ce matin. En séance à la bourse, elle est même tombé à 80 centimes, hier. En 10 ans, l'action Dexia a perdu 94% de sa valeur. En 2008, elle avait été la première affectée par la débandade provoquée par la faillite de Lehman Brothers. 3 ans plus tard, elle est la première a chuter, rattrapée par la crise de la dette, en Europe.Quelques uns veulent croire que sa mort prochaine n'est pas encore certaine: ils sont très rares, parce que depuis lundi soir, et le communiqué officiel de son Conseil d'administration, le dépeçage de la banque semble, bel et bien, programmé. Français et Belges vont tenter de vendre ce qui peut encore être vendu d'un établissement multiforme, au modèle économique incertain: c'est la banque des collectivités locales, en France. C'est une banque de détail en Belgique. Elle est présente en Turquie. Et c'était aussi, avant la crise des subprimes, un assureur sur les marchés financiers. Avec le succès que l'on sait. La France et la Belgique vont, donc, vendre ce qu'elles peuvent sortir des cendres de Dexia. Notamment la branche française, à la Caisse des Dépôts et à la Banque postale. Elles s'apprêtent aussi à créer ce qu'on appelle une "structure de défaisance", une "bad bank" dans laquelle on va placer tous les actifs "pourris" accumulés: il y en a pour presque 100 milliards d'euros. Enfin, les 2 pays ont déjà annoncé qu'ils garantissent, dès maintenant, tous les engagements de Dexia. Comme en 2008, et ce n'est pas rien parce que c'est risqué: on parie sur la réussite de ce 2ème plan de sauvetage de Dexia. Qui n'est pas gagné d'avance! Dexia, aujourd'hui est confrontée à une nouvelle crise de liquidité: plus personne ne veut lui prêter. Et ça pourrait lui-être fatal alors que son modèle est basé sur une méthode qu'elle a longtemps cru imparable: prêter à long terme mais en se finançant... à court terme. En 2008, on a découvert l'ampleur de la catastrophe. La nouvelle direction, mise en place dans la foulée, tentait depuis 3 ans de sortir de cette mécanique suicidaire. La crise dans la zone euro ne lui a pas laissé le temps de finir le travail.

Aa2 à A2. Un nouveau coup de tonnerre en Europe: Moody's dégrade l'Italie. L'agence de notation a abaissé de 3 crans, hier soir, la note de italienne. Le pays de Silvio Berlusconi est, désormais, noté plus mal que... l'Estonie, par exemple. De plus, l'agence maintient sa perspective négative, ce qui veut qu'une nouvelle dégradation reste possible. Moody's précise, cela dit, qu'un défaut de l'Italie -la "faillite" du pays- reste une probabilité encore "lointaine".A... lerte. C'est, désormais, acquis: l'Europe, pour tenter de stopper la crise, prépare un plan coordonné de recapitalisation des grandes banques du continent. Olli Rehn, le Commissaire européen aux Affaires économiques, le reconnaît, ce matin, dans une interview accordée au Financial Times.AAA? Sur les marchés, l'écart de taux d'intérêt entre l'Allemagne (la mieux placée... la "première de la classe" européenne) et la France s'est nettement' accentué, hier. C'est inquiètant pour Paris. Même si Bercy s'en défend, c'est le coût à venir du sauvetage de Dexia, qui inquiète les investisseurs et leur fait craindre la perte du "triple A" français.

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