"S'il y a une guerre... elle est finie". On doit être trop crédule: on avait pris pour argent comptant cette déclaration, en décembre dernier de Bertrand Puech, alors président du Conseil de gérance d'Hermès. C'était à l'occasion d'une interview accordée au Figaro. Il parle alors de ses relations avec LVMH, qui a fait un an plus tôt une entrée fracassante et "non-amicale" au capital d'Hermès: l'affaire fait beaucoup de bruit. Dans cette interview, Bertrand Puech poursuit: "LVMH est un groupe financier qui possède des marques avec lesquelles nous entretenons de bonnes relations. Nous sommes à la fois client et fournisseur. Hermès est présent, par exemple (...) au Bon marché. Pour enfoncer le clou, il ajoute: "par ailleurs, nous lisons "les Echos" et nous écoutons radio Classique", filiales de LVMH. Comprendre: tout va bien. Au passage, France musique, c'est très bien également. Le chef de la famille Hermès conclut, quand même: "la philosophie de LVMH et celle d'Hermès sont totalement différentes". L'hostilité est toujours là. Le mépris aussi, les "piques" désagréables mais, à l'époque, on veut y croire: les choses s'apaisent entre les groupes. Elles s'apaisent, surtout, parce Hermès vient d'organiser très concrêtement sa défense, en créant un holding familial qui garantit aux héritiers, de garder les commandes de l'entreprise. Une "pépite": au premier semestre de cette année, le chiffre d'affaires a encore bondi de 22%. Et à la bourse, le titre Hermès vole de record en record. On en était là -une "paix armée"- jusqu'à hier. Jusqu'à la révélation, par Charlie Hebdo, d'un dépôt de plainte d'Hermès contre LVMH pour "délit d'initié, complicité et manipulation de cours". Elle vise les conditions de l'arrivée de LVMH, au capital d'Hermès, en octobre 2010. Pour le dire sans risquer un procès, LVMH a utilisé subtilement les failles de la réglementation alors en vigeur, tout le problème étant de savoir jusqu'où". L'AMF, le gendarme de la bourse, enquête dessus depuis 2 ans mais Hermès, visiblement, perd patience. Et affirme avoir, aujourd'hui, les éléments suffisants pour attaquer directement: "c'est une suite logique à toute cette histoire" explique l'agence chargée de sa communication. La réplique, du côté de LVMH, n'a pas tardé: le groupe attaque, à son tour, Hermès, en justice pour "dénonciation calomnieuse, concurrence illicite... et chantage". La guerre a, bel est bien, repris.

Allègement. Le gouvernement ne reviendra pas sur les allègements de charges sur les bas salaires. On les appellent les "allègements Fillon". Ils datent du temps où François Fillon était ministre du travail. Il s'agit d'exonérations des charges, payées par les entreprises, sur les bas salaires. Dégressives jusqu'à 1,6 SMIC. Leur but: favoriser l'emploi des personnes peu qualifiées. Leurs défauts: ils tirent les salaires vers le bas, et ils coûtent très cher à l'Etat. La gauche avait annoncé qu'elle allait les "raboter". Finalement l'idée est abondonnée. "Le signal envoyé sur le coût du travail ne serait pas pertinent" dit-on, maintenant, au Ministère du Travail, chez Michel Sapin.Soulagement . L'effet "Mario Draghi" sur les marchés. Le président de la Banque Centrale Européenne doit dire, demain, dans quelles conditions il va acheter des titres de dette des pays de la zone euro en difficulté: la solution tant attendue. Déjà, les taux d'intérêt réclamé à l'Italie et l'Espagne diminuent sensiblement.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.