Allons-y à gros traits. Avec des gros sabots, et disons sans nuance: "C'est le 22 mai dernier que le monde a basculé". C'est ce jour-là, le 22 mai, que la crise économique mondiale a changé de camp. Et c'est maintenant qu'on s'en aperçoit. S'il n'y avait pas la Syrie, ce serait la préoccupation majeure du G20, qui commence aujourd'hui à St Pétersbourg. S'il n'y avait pas la crise syrienne, on parlerait aussi de la lutte contre l'évasion fiscale des grandes multinationales, autre thème important de cette réunion, et pour lequel on attend des décisions inédites. Mais, puisque je l'ai vendu ainsi concentrons-nous sur le "basculement" mondial en cours. Le FMI l'a résumé, hier, dans la note qu'il publie traditionnellement à la veille d'un G20: aujourd'hui, c'est sur les pays émergents que pèsent les risques les plus forts. Risque monétaire et financier, d'une part. Risque économique, de l'autre. On s'étrangle quand on lit dans le document que le "salut de l'économie mondiale devrait passer par les "bons vieux" (ça c'est moi qui le rajoute) pays industrialisés". Quel changement de ton, en quelques mois! Ces derniers temps, on disait exactement l'inverse. Les pays industrialisés étaient en train de mourir, sous le poids de leur dette, et de leurs vieilles habitudes. L'économie mondiale, elle, ne tenait que par le dynamisme des "émergents". Des pays, sollicités même pour venir en aide à l'Europe, au bord de l'implosion. Le Fonds Monétaire International note, aujourd'hui, que les nouvelles décevantes, sur le front de la croissance, viennent des pays émergents. Et l'institution internationale sonne l'alerte sur leur situation monétaire et financière. C'est là qu'il faut remonter au 22 mai dernier, le jour où tout a basculé. Ce jour-là Ben Bernanke, le président de la Réserve fédérale américaine, a annoncé qu'il envisageait, la croissance revenant, de remiser sa planche à billet. Sa politique monétaire très accomodante, qui se traduisait par l'injection, chaque mois, de 85 milliards de dollars dans l'économie. De l'argent qui s'est beaucoup investi... dans les pays émergents, précisément! La croissance y était plus forte qu'ailleurs, et permettait, donc, des rendements supérieurs. La FED envisageant de changer de politique, les investisseurs (et spéculateurs) ont décidé de rapatrier, fissa, leurs dollars, aux Etats-Unis. Les sorties de capitaux du Brésil, de l'Inde, de Turquie, d'Indonésie, de Chine, de Russie se sont, du coup, multipliés. Et les monnaies de tous ces pays s'effondrent depuis: -20%, par exemple, pour la roupie indienne (l'Inde, le pays, sans doute, le plus touché par le phénomène). A St Pétersbourg, c'est le revers des politiques anti-crise, lancées ces dernières années, qu'il va falloir commencer à traiter. A front renversé.

En hausse. Le taux de chômage, en France, vient d'être publié par l'INSEE, concerne le 2 ème trimestre et atteint 10,5% en France métropolitaine. En comptant les DOM, le taux de chômage atteint 10,9%. tel que mesuré par l'INSEE, c'est-à-dire aux normes internationales, le nombre de chômeurs, en France, dépasse pour la première fois, les 3 millions.En hausse. Les taux d'intérêt sur les crédits immobiliers: 2,98%, en moyenne, en août. Ils sont en hausse pour le 2ème mois consécutif.En forme. Cette bonne nouvelle pour Airbus: Delta Air Lines vient de lui commancer 40 nouveaux appareils. C'est la première fois, depuis 20 ans, que la compagnie américaine choisit l'Européen Airbus, au détriment de Boeing.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.