En ce moment, on cherche un peu partout les premiers signes d'un début de reprise de l'économie, les premiers signes d'un "ralentissement du ralentissement" pour reprendre l'expression d'un économiste à l'esprit un peu compliqué. Il y a l'automobile. Il y a aussi l'or. Le marché de l'or... qui est en train, sensiblement, de se retourner. Après plusieurs semaines de hausse - en février, on était à nouveau autour de mille dollars - l'once d'or est repassé sous la barre des 900 dollars, en fin de semaine dernière. Ca baisse, et c'est peut-être une bonne nouvelle. La première raison, en tout cas, elle est technique : c'est le G20 qui, jeudi, a confirmé que le FMI va, bientôt, vendre une partie de son stock d'or. Plus de 400 tonnes, au total. Alors, automatiquement, les opérateurs ont commencé à anticiper une baisse mécanique des cours. Et ils ont vendu. Mais, plus fondamentalement, c'est bien un changement d'état d'esprit des opérateurs qui semble à l'oeuvre. La croyance que le pire de la crise est maintenant passé se répand. Du coup, ils reprennent (comme on dit) "goût au risque". Ils retournent sur les marchés qu'ils fuyaient depuis de nombreux mois : le marché des actions (qui n'en finissait pas de chuter), celui des matières premières (en forte baisse, lui aussi), le marché monétaire enfin (qui était devenu incompréhensible). Valeur-refuge par excellence, l'or a profité, pendant de nombreux mois, de cette méfiance généralisée. Cette séquence est, donc, peut-être en train de refermer. On commence à sortir du refuge. On met un pied dehors pour voir quel temps il fait. On verra bien si ça va durer. Les spécialistes du marché de l'or, eux, se rassurent comme ils peuvent : ils répètent que le demande mondiale d'or reste très soutenue, donc, que les cours ne vont pas s'effondrer. Et puis, ils savent que cette crise a toutes les chances de se solder par une période de forte inflation (c'est la "crise d'après", le résultat de tout l'argent injecté dans l'économie). Du coup, l'or redeviendra forcément, disent-ils à ce moment-là, le meilleur des refuges ! Un autre bon signe... Les cadres reprennent, un peu, le moral ! C'est ce qui ressort de la dernière livraison de notre baromètre mensuel Viavoice / HEC/ France Inter / Le Figaro-Réussir / L'Express-Réussir / France 24 . C'est la première fois, depuis la chute de Lehman Brothers, que le moral des cadres repart à la hausse. Tous les critères s'améliorent : la motivation et les perspectives personnelles. Ainsi que la perception de la situation économique globale. Moins de 2%. Le taux du Livret A bientôt en dessous de 2%. Peut-être dès le 1er mai. Ce serait la conséquence mécanique du net ralentissement de l'inflation. La Banque de France y est favorable. L'Elysée et Bercy affirment que rien n'est encore décidé. Le salaire des patrons. Le gouvernement, finalement d'accord avec le Parlement, sur le salaire des patrons. Députés et Sénateurs doivent définitivement adopter, cette semaine, un amendement qui durcit l'encadrement des rémunérations des patrons des entreprises aidées par l'Etat (au-delà, donc, du décret Fillon). D'abord opposé à l'idée, le gouvernement affirme, maintenant, qu'il fera en sorte que ce dispositif du Parlement soit rapidemmet mis en oeuvre.

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