Ils sont rentrés, hier. Après 2 jours passés à Washington, et 1 à New York. Ils sont rentrés "plutôt contents de leur séjour et du travail réalisé sur place". "Ils", ce sont 4 sénateurs français, 4 des 27 membres de la Mission d'information, créée au Sénat sur les agences de notation. Agences si décriées depuis le déclenchement de la crise. Accusées de beaucoup de maux. Au Sénat, c'est la perte du triple A de la France, début janvier, qui a décidé les élus de se pencher sur le "fonctionnement, la méthodologie et la crédibilité des agences de notation". C'est l'intitulé exact de la Mission, une mission qui déjà fait parler d'elle, avec, notamment, l'audition, il y a quelques jours, d'anciens salariés. L'un d'eux, analyste pendant 7 chez Standard & Poor's, et 3 ans, chez Moody's, avait avoué "ne pas avoir toujours su ce qu'il faisait". Il denonce le manque criant d'effectifs dans les agences de notations: "certains analystes étaient chargés de 35 à 45 dossiers!" a-t-il expliqué, avant de donner un exemple: "on était 2 pour suivre le Crédit Agricole, là où il aurait fallu être une douzaine". Cette semaine, le travail de la Mission s'est, donc, poursuivi aux Etats-Unis, où nos Sénateurs ont été reçus "en grande pompe" selon Frédérique Espagnac, la présidente, socialiste, de la Mission. Le Congrés, l'administration américaine, d'importants think-tanks de Washington leur ont ouvert leurs portes. A New York, ils ont été reçus chez Goldman Sachs. Et ce sont les grands patrons, les PDG des 3 grandes agences (Standard&Poor's, Fitch et Moody's) qui leur ont accordé un entretien, qui a été parfois assez vif, semble-t-il. Les Sénateurs français en ressortent avec le sentiment que ces agences n'ont pas l'impression de mal faire leur travail. Ce n'est pas une surprise. Elles n'ont pas l'intention de changer. Autre constat, rapporté de l'autre côté de l'Atlantique: aux Etats-Unis, peu de choses ont été faites pour contrôler l'activité des agences, malgré l'adoption d'une Loi. Là-bas, on a tendance à penser que les notes des agences ne sont qu'un avis, une opinion parmi d'autres qu'on n'est pas obligé de prendre en compte. Le fossé est là parce qu'en Europe, on estime, à l'inverse, que les agences de notation ont une responsabilité importante. Et qu'il faut donc les encadrer, strictement. On en est là. La mission poursuit ses travaux et rendra ses conclusions au début de l'été.

Addition. Nicolas Sarkozy chiffre, désormais, son programme à 125 milliards d'euros. Il parlait de 115 milliards jusqu'ici, mais ajoute presque 10 milliards de mesures nouvelles. Certaines annoncées hier, comme une meilleure prise en charge des personnes âgées dépendantes, le versement des pensions de retraite au 1er de chaque mois, ou la création de 200 mille places en crèche ou chez des assistantes maternelles. Nicolas Sarkozy affirme qu'il va privilégier la réduction des dépenses, plutôt que la hausse des impôts. Selon lui, avec les mesures déjà votées par son gouvernement, il ne lui reste qu'à trouver 13 milliards et demi d'impôts nouveaux, et 40 milliards d'économies nouvelles.Du vent. Selon le Figaro, c'est tranché. EDF et Alstom devraient décrocher 3 des 5 champs d'éoliennes en mer, soumis à appel d'offre. Au total: 500 à 600 éoliennes au large vont être construites. L'espagnol Iber-drola, associé à Areva, obtiendrait le site de Saint-Brieuc. GDF Suez repart bredouille.

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