Récemment, dans un restaurant une étoile, à 2 pas des Champs-Elysées, un patron s'inquiétait des volontés réformatrices du gouvernement. "Qu'est-ce qu'il dit Emmanuel Macron, en ce moment? Qu'est-ce qu'il va faire, maintenant?" s'enquérait-il. Macron, le "choucou des patrons". Pour les "décideurs", les chefs d'entreprises, Macron, c'est leur planche de salut. Celui qui les comprend. Celui qui se bat contre une majorité bornée, qui ne connait rien à l'économie. Le ministre, de son côté, jure ne pas dévier de sa ligne de conduite. Lors d'une intervention publique récente, Emmanuel Macron avait décrit, précisément, ce que, pour lui, signifie le mot "réforme". "C'est un élément de réparation ou de changement qui permet de faire mieux fonctionner" notre économie. "C'est ce qui corrige, en profondeur, ce qui est inefficace ou injuste". Les réformes menées aujourd'hui peuvent paraître "contre-intuitives", pour la Gauche avait-il poursuivit, mais elles doivent être menées. Le cafouillage sur une future "Loi Macron 2" n'avait pas encore eu lieu, mais, déjà, dans l'entre 2 tours des Départementales, le ministre précisait le calendrier à venir jusqu'à l'été. Une priorité, dans sa bouche, et personne ne sera surpris, la réforme du marché du travail. D'ailleurs, de sa Loi (Macron... 1) qui sera discutée, à partir de demain au Sénat, c'est la réforme de la justice prud'homale qu'il met en avant, la "plus structurante", selon lui. Elle va réduire la durée des procédures de licenciements, lever beaucoup d'incertitudes (pour les patrons comme les employés), supprimer du "stress social", jure-t-il. Alors qu'une croissance "sans emploi" pointe désormais, le ministre veut, donc, lutter contre la "peur d'embaucher" décrite par de nombreux petits patrons. "On n'embauche pas, parce que qu'on a peur de ne pas pouvoir licencier ensuite", voilà ce qu'ils disent. Début janvier, ici même, dans ce studio, François Hollande avait repris l'argument. Vendredi, le gouvernement, accueillant les partenaires sociaux, a semblé rejeter la proposition du Medef pour un "CDI sécurisé" (plus facile à rompre). Mais, selon nos confrères du Parisien, le gouvernement serait tenté d'emprunter une autre voie: l'extension du "contrat de chantier", un CDI "de mission", lié à un projet précis (ensuite, le salarié s'en va). Ce type de contrat existe, aujourd'hui, dans le bâtiment, par exemple, et pourrait donc être étendu à d'autres secteurs. L'idée va cheminer. Mais aucune décision, dit-on, ne sera prise avant le Congrés du Parti Socialiste.

Echéance. Le gouvernement grec promet de rembourser le FMI. Le ministre grec des Finances passe son week-end de Pâques, à Washington. Hier soir, il a rencontré Christine Lagarde. A la patronne du FMI, Yanis Varoufakis a promis d'honorer, cette semaine (jeudi 9 avril exactement) le remboursement de l'une des tranches d'aide accordée à son pays, une échéance de 450 millions d'euros. Ce n'était pas gagné: la semaine dernière, les responsables grecs avaient multiplié les déclarations contradictoires, certains affirmant que le pays, à court de liquidités, ne serait pas capable de payer. "La Grèce a bien l'intention d'honorer toutes ses obligations vis-à-vis de ses créanciers" a répété Yanis Varoufakis, hier soir.

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