"Ca revient, un peu, à frapper un homme à terre": c'est ainsi qu'un gestionnaire de Fonds américain commentait, hier soir, l'annonce de l'agence de notation, qui a décidé, hier, de placer 15 des 17 pays de la zone euro sous surveillance "négative". Ca veut dire, très concrêtement, que d'ici 90 jours maximum (mais ça peut arriver beaucoup plus vite), tous ces pays pourraient être dégradés. Les 2 pays manquants dans la liste publiée hier, n'ont rien à envier aux autres, puisqu'il s'agit de Chypre (déjà "sous surveillance négative") et de la Grèce (déjà plusieurs fois dégradée, et dans l'état que l'ont sait). Standard & Poor's a, donc, décidé, hier de frapper un grand coup. Cela dit, il ne faut pas être surpris: dans les rencontres informelles qu'ils accordent, volontiers aux journalistes depuis quelques mois, dans lerus communiqués officiels ou leurs déclarations, les dirigeants de l'agence ne s'en cachent pas: avec la crise, ils ont engagé une réévaluation de presque tous les pays. Une sorte de nouvel "étalonnage" des risques. Pas de surprise, donc, à voir tous les pays "triple A" de la zone euro, y compris l'Allemagne, subir le même sort: la mise sous surveillance négative. Mais avec, cette nuance de taille: c'est la France qui risque le plus gros, puisque Standard & Poor's parle d'une dégradation possible de 2 crans. Alors, dans son communiqué publié hier soir, l'agence de notation explique qu'elle va se concentrer, finalement, sur 3 critères pour se décider. Le premier, c'est le critère politique qui est le plus fort. L'agence, qui a pris sa décison avant les annnonces de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, estime que l'Europe ne se montre pas assez déterminée et efficace dans la gestion de la crise. Et ça, ça hypothèque les chances d'un redressement des comptes français. Standard & Poor's se montre aussi très réservé (2ème critère) sur les prévisions de croissance du gouvernement. Elles sont trop optimistes: donc la France, selon l'agence, ne tiendra pas ses objectifs. 3ème point, et non des moindres, même s'il est moins commenté: les banques françaises sont plus mal en point qu'on ne le dit. Elles ont du mal à se refinancer, sur les marchés. Problème de liquidité. Ce qui pourrait obliger l'Etat français à intervenir, et donc à plomber, un peu plus, ses comptes.

Plus cher. Mais d'abord, les tarifs des assurances: ils vont encore augmenter, l'année prochaine. Pour les particuliers, 2012 sera comme 2011: une année de fortes hausses. Pour l'assurance "habitation", les augmentations iront jusqu'à 7%. Les assureurs mettent en avant la récurrence des catastrophes climatiques et la recrudescence des vols. L'assurance auto devrait coûter entre 2 et 4% plus cher, selon un pointage des Echos, ce matin. Qui annonce, également, des hausses de 4 à 10% pour les complémentaires santé.Une branche en moins. Véolia se sépare de sa branche "transport". C'est l'un de ses 4 "grands" métiers aujourd'hui, avec l'énergie, l'eau et la propreté. La décision vient d'être officialisée. Le but est de réduire l'énorme endettement du groupe. Transdev -c'est le nom de la branche transport de Véolia- devrait être vendue. Elle emploie presque 120 mille personnes.

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