Il y a eu plusieurs annonces, hier soir, mais il n'est pas facile de correctement les évaluer, ce matin, parce que, comme on dit dans les restaurants, certaines étaient "au menu" et d'autres "à la carte". Alors, du coup, tout va dépendre des choix qui seront faits par les personnes conviées -syndicats et patronat- le 18 février à l'Elysée. "A la carte", clairement, ce sont les mesures sociales. Nicolas Sarkozy en a énoncées plusieurs, hier soir, mais il va falloir choisir entre la suppression de la première tranche d'impôt sur le revenu, ou l'annulation du 2ème tiers provisionnel, pour les ménages français les plus modestes. Ou encore -3ème choix possible- une augmentation des allocations familiales. Pour le Président, ce volet, en tout cas, constitue bel et bien un "ajout" à son Plan de relance. En direction d'un soutien à la consommation, même s'il s'est bien gardé de le dire comme ça. Il y a donc, là, un virage entamé, qui permet aussi -c'est habile politiquement- de montrer que l'aide aux banques, en fait, rapporte de l'argent à l'Etat et qu'on peut, grâce à cet argent, financer des mesures nouvelles. "A la carte" encore : les dispositifs sur lesquels les partenaires sociaux devront débattre. L'indemnisation du chômage partiel, celui des jeunes sans emploi, des CDD en fin de contrat. On tourne autour de ces questions déjà, depuis plusieurs mois. "Au menu", en revanche, et donc a priori décision ferme, c'est la suppression de la taxe professionnelle. Jacques Chirac l'avait maintes fois promise. Nicolas Sarkozy aussi. 2010 devient un nouveau cap. C'est 8 milliards d'euros "de gagnés" pour les entreprises. Même s'il faudra bien les trouver ailleurs, pour financer les collectivités locales : une "éco-taxe" verra donc le jour, et n'épargnera pas les entreprises. En tout cas, sur ce point, Nicolas Sarkozy n'opère aucun changement de pied : la priorité reste l'allègement du coût du travail en France. Reste le dessert. Pardon, mais pour moi, c'est une "tarte à la crème" : la meilleure répartition des bénéfices des entreprises. La "règle des 3 tiers", évoquée hier soir, par le Président de la République : un tiers pour les actionnaires, un tiers pour l'investissement et un tiers pour les salariés. C'est une idée évoquée depuis des années. Par les gaullistes notamment et Serge Dassault en particulier, qui l'applique dans certaines de ses entreprises. Il y a déjà eu au moins 3 projets de loi sur la participation et l'intéressement, depuis l'élection de Nicolas Sarkozy. "Le compte n'y est, toujours, pas" dit-il aujourd'hui. L'année dernière, en tout cas, la majorité au Sénat -soutenu par le ministre du travail d'alors, Xavier Bertrand, avait rejeté cette idée de la "règle des 3 tiers". 2008, nouvelle année de déficit commercial "record" en France. Il est compris entre 55 et 56 milliards d'euros. On connaîtra, tout à l'heure, le chiffre exact. C'est notre facture pétrolière, qui l'année dernière, a plombé les comptes. Tout comme le ralentissement mondial, qui a freiné les achats de nos partenaires commerciaux. Dans ce contexte malgré tout, Anne-Marie Idrac, la secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, estime que "la compétitivité de la France a arrêté de se dégrader". 2% Statu quo, hier, pour la Banque Centrale Européenne, qui n'a pas modifié ses taux directeurs. Son président, Jean-Claude Trichet, envisage quand même de nouvelles baisses dans les prochains mois.

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