En Grèce, sa mort a été un "choc". Elle fait aussi polémique. Polémique sur les conditions de l'arrivée des secours, et donc, sur l'état des services publics grecs, laminés par l'austérité. Théo Angelopoulos est mort, il y a une quinzaine de jours. Le cinéaste (on le sait) a été renversé par une moto, en plein tournage, tournage d'un film qui devait raconter la faillite financière de son pays. La Grèce a pleuré son cinéaste avant que naisse, donc, cette polémique sur les minutes -les heures?- qui ont suivi l'accident: l'ambulance, envoyée pour le secourir est tombée en panne. Une deuxième s'est perdue. Et c'est une 3ème, envoyée d'un autre hôpital, qui est finalement arrivée sur place. Théo Angélopoulos est mort, quelques heures plus tard, à l'hôpital. Les syndicats dénoncent le manque de personnel et d'entretien des véhicules des hôpitaux. Un humoriste grec le dit "ce n'est que l'ambulance soit tombée en panne qui surprend, c'est qu'il y en ait encore une!". Une enquête a été ouverte, en tout cas. Mais l'affaire est symbolique: "jusqu'où le pays peut-il s'enfoncer dans l'austérité? Jusqu'à quel point la population peut-elle supporter les coupes dans les dépenses publiques, les baisses de pensions et les hausses d'impôts?La réponse viendra, peut-être, aujourd'hui. A midi. A cette heure-là, les dirigeants de 3 partis qui soutiennent le gouvernement, doivent, à nouveau, se retrouver dans le bureau du Premier ministre Lukas Papadémos. Et ils devront dire, si oui ou non, ils acceptent les nouvelles mesures d'économies réclamées: outre les "coupes" budgétaires, les privatisations, on leur demande, cette fois-ci, de valider une réduction du salaire minimum, le SMIC grec, pour rendre le pays plus compétitif. La coalition au pouvoir pourrait ne pas résister: le leader d'extrême-Droite, l'une de ses composantes, a déjà prévenu: "je ne participerais pas à l'explosion d'une révolution" a-t-il déclaré hier soir. On aurait tort de jouer les blasés face à cette éternelle tragédie grecque. Le pays est, bel et bien, aujourd'hui, à un point de rupture. Ses dirigeants mènent depuis des semaines 2 négociations paralèlles, mais liées: l'une avec ses créanciers privés (les banques), l'autre avec ses créanciers publics (le FMI et l'Europe). L'objectif est d'obtenir leur accord pour débloquer 130 nouveaux milliards d'aide. Sans eux, la faillite du pays est certaine. La date est même fixée: le 20 mars. Elle correspond à l'échéance d'un prêt que la Grèce ne pourra pas honorer, faute de soutien.

Un peu mieux. Les cadres se sentent un peu mieux: c'est ce qui ressort de notre "Baro-éco" France Inter-Viavoice-HEC-Le Figaro. Le moral des cadres est en légère progression pour le 2ème mois consécutif. On s'éloigne tout doucement du record de pessimisme atteint en décembre dernier. Cela dit, les cadres interrogés pour notre sondage continuent à penser que le niveau de vie va se dégrader, en France, dans les prochains mois. Et le chômage grimper.Coup (du) tabac. Le gouvernement fait un geste pour les buralistes, et les fumeurs. Bercy a décidé de geler l'effet multiplicateur de la hausse programmée de la TVA. On en parlait, ici même, la semaine dernière: la TVA sociale doit provoquer une hausse mécanique de 10% du prix des cigarettes, en raison de son système particulier de fixation des tarifs. Ce week-end, le gouvernement a, donc, tranché: l'effet va être compensé pour éviter une hausse brutale du prix du tabac.

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