Au Ministère du Redressement Productif, on raconte une grosse frayeur, hier en fin d'après-midi. A quelques minutes de l'heure limite fixée pour le dépôt des offres de reprise de la raffinerie Petroplus, la proposition suisse a disparue : elle n'est pas arrivée chez l'administrateur jusdiciaire ! «Les Suisses ont toujours été dans la course, depuis de plusieurs mois», mais «sous le radar » dit-on à Bercy. «Jamais évoqués publiquement, ils ont méticuleusement constitué leur dossier de candidature. Il était essentiel qu'ils soient dans la liste finale». Le dossier suisse arrive, finalement, in extremis. Et à la surprise générale, ce sont bien 5 offres de reprise de la raffinerie de Petit-Couronne qui sont enregistrées. Chez Arnaud Montebourg, on ne cache pas que seules 2 semblent «sérieuses et financées». Aucune de celles citées jusqu'ici, dans un dossier qui a vu passer une dizaine de candidats, ces derniers mois, mais sans succès. «Sérieuses et financées» : l'offre suisse, donc (« elle a beaucoup de cash ! » et celle d'un groupe égyptien, Arabiyya Lel Istithmaraat, candidat surprise, mais qui arrive, directement, en position de favori. « Lui a du cash et …du pétrole !» dit-on chez Montebourg. On peut ajouter qu'il semble, aussi, avoir les riens solides. C'est un groupe coté, au Caire, 20 mille actionnaires. Présent dans l'automobile, dans la construction et l'énergie. Il est le gestionnaire du barrage d'Assouan. A Paris, son représentant en France, affirme que le « business plan » proposé est sérieux. Le groupe égyptien s'engage, notamment, à fournir, pour faire tourner la raffinerie normande, 100 mille barils de brut, par jour, en provenance d'Oman. Il s'engage à conserver tous les salariés, à l'exception de ceux qui demandent à partir à la retraite. Au Ministère du Redressement Productif, où on ne crie pas «victoire» et où on insiste sur toutes étapes de procédure qu'il reste à franchir et notamment celle du Tribunal de Commerce, on respire quand même: avec ses offres, «on est tranquille sur le plan social». Restent 2 inconnues, et non des moindres. D'abord, la question de la participation de l'Etat. Le candidat égyptien attend un soutien du FSI, le Fonds Stratégique d'Investissement. Il pourrait prendre 25% du capital mais là, c'est « no comment » à Bercy. Et puis, si ce montage se réalisait, si l'offre était retenue, resterait la question de la viabilité de la raffinerie, dans un marché, le marché français des carburants, en surcapacité. « Les candidats qui sont présentés ne viennent pas juste pour sauver des emplois, ni pour faire plaisir à Arnaud Montebourg, «ce ne sont pas des copains», dit un proche du ministre. « S'ils viennent, c'est qu'ils pensent que la raffinerie peut être rentable ».En Baisse. 3,16% en moyenne, hors assurance : c'est du jamais vu. Le mois dernier, les 3 quarts des prêts accordés, en France, l'ont été en dessous de 3,5%. C'est vraiment le moment d'acheter, ou de renégocier ses emprunts immobilier. La baisse est continue depuis mars 2012 mais ces excellentes conditions n'empêchent pas le marché de reculer. Le nombre de prêts accordés est en recul de 27%, sur un an.En forte baisse. Les résultats 2012 d'ArcelorMittal, publiés, il y a quelques minutes. Le sidérurgiste affiche des pertes annuelles de 3,7 milliards de dollars.En difficulté. C'est confirmé : chez EADS, la maison-mère d'Airbus, la candidature d'Anne Lauvergeon à la présidence a bien du plomb dans l'aile. Le Conseil d'administration va proposer Denis Ranque, l'ancien PDG de Thales pour le poste.

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