L'éco du jour
L'éco du jour © France Inter
### Walt Disney cartonne. Le géant américain des médias et du divertissement vient de publier d'excellents résultats trimestriels. 1 milliard 800 millions de dollars de bénéfices profits (en 3 mois, donc). Toutes les branches du groupe affichent de belles performances: les jeux vidéo, le cinéma (les nouvelles aventures de Thor ont très bien marché, mais surtout "La Reine des neiges". Les parcs d'attraction aussi: en France, Disneyland Paris s'apprête à recruter 8 mille personnes, dont 1 millier en CDI à temps plein. La Banque Centrale Européenne, très attendue aujourd'hui. Face au risque persistant de déflation dans la zone euro, la BCE pourrait décider -c'est l'espoir de certains, en tout cas- une nouvelle baisse de ses taux directeurs...
le taux de chômage touche un nouveau record en grèce
le taux de chômage touche un nouveau record en grèce © reuters
### La déflation...ça nous ramène à la Grèce, avec l'Histoire du Jour : "Ménage à 3" L'histoire est connue de tous les Grecs. S'installant à Athènes (pour un bon moment), les membres de la Troïka, c'est-à-dire les représentants de la Banque Centrale Européenne, de la Commission européenne et FMI, chargés de "piloter" la mise en œuvre des mesures d'austérité ici... la Troïka, pour faire des économies, avait décidé de louer quelque chose, plutôt que de payer des chambres d'hôtel. Elle trouva un appartement, pas très loin de l'Acropole. 9 mille euros, par mois (19 fois le SMIC d'ici relevait un confrère à l'époque) mais surtout, la Troïka avait accepté de payer une partie de son loyer... au black, en sous-main! L'histoire a été rendue publique. L'indignation, dans une population toujours caricaturée en "championne de la fraude", a été immédiate. Et la Troïka dû aller se loger ailleurs. Avec des quittances en bonne et due forme. Des histoires sur la Troïka, il y en a quelques unes comme ça. Les "hommes en noir" comme les appelle ici, ont été conspués, sont détestés. Ils "incarnent" évidemment, cette austérité imposée, qui a fait tant de mal. Mais, le "procès" de la Troïka, il n'y a pas qu'ici qu'on le fait... depuis quelques mois, le Parlement européen enquête sur cet étrange attelage, constitué dans l'urgence en 2010, pour faire face à la crise de la dette qui débutait ici, avant de gagner l'Irlande, le Portugal et Chypre. Le Rapport sur le travail de la Troïka n'est pas encore définitivement adopté, mais on sait qu’il pose la question de la légitimité démocratique de la Troïka. Pas de base juridique pour agir, aucun contrôle démocratique. L’eurodéputé français, qui co-écrit le rapport, le Socialiste Lim Yang Noc se dit « sidéré » par ce qu’ils ont découvert. Et notamment comment, la Banque Centrale Européenne (comme dire... l’organisme le moins démocratique de la Troïka) a imposé ses choix. Des documents confidentiels, sortis du FMI accréditent cette thèse. La presse américaine les a dévoilé, il y a quelques mois déjà, et ils ressurgissent aujourd’hui. On comprend qu’avant même l’adoption du 1er plan de sauvetage de la Grèce, en mai 2010, des voix s’élevaient, -experts du FMI, mais aussi pays membres de l’organisation- pour dire que la méthode retenue n’était pas la bonne. « C’est un fardeau de la taille d’un mammouth que l’économie grecque pourra difficilement supporter » dit un représentant indien, lors d’un Conseil d’administration. Un Brésilien, dans la même réunion, dénonce un programme « mal conçu, finalement insoutenable ». Le FMI, en fait, plaidait dès 2010 pour un effacement d’une partie de la dette grecque (ce qui fut fait, plus tard, et c'est une solution encore préconisée aujourd’hui). Mais, à l’époque la Banque Centrale Européenne ne voulait pas en entendre parler. En 2010 (pour elle et pour d’autres), la priorité était de sauver l’euro, de sauver les banques européennes. Et non pas de sauver la Grèce, et ses habitants ! **► ► ► ALLER PLUS LOIN | [La méthode grecque, survivre à la crise](http://www.editionsdelamartiniere.fr/ouvrage/la-methode-grecque/9782732458250)**
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