Il avait demandé l'autorisation de sa ministre de tutelle, Nathalie Kosciusko-Morizet, avant de venir, hier, s'expliquer publiquement et pour la première fois, dans le Journal de 13h de Claire Servajean. La ministre a accepté. A condition qu'il ne polémique pas. Pierre Graff, le patron d'ADP, les Aéroports de Paris s'est donc bien tenu à l'antenne, hier. Comme hors micro d'ailleurs. Ou presque: en "off" simplement s'étonne-t-il de l'acharnement des compagnies aériennes contre lui. "Elles doivent avoir quelque à se reprocher, lâche-t-il, pour me charger ainsi". C'est pour ça d'ailleurs qu'il a décidé de parler, il n'en peut plus de ces accusations. "Marre (dit-il) d'en prendre plein la figure" depuis la grande pagaille de Noël, à Roissy. L'article du Figaro d'hier matin, il l'avait encore en travers de la gorge, en arrivant à France Inter. Son titre: "L'incroyable raté d'ADP". En résumé, le patron des aéroports de Paris a minimisé la pénurie de glycol, le produit qui permet de dégivrer les avions avant leur décollage. Et il a informé les compagnies, de la situation, "trop tardivement". D'où les retards, et ces milliers de passagers en déshérence. Pierre Graff réfute, en bloc, toutes ses accusations. La seule coupable, dans cette affaire, c'est la neige, dit-il. Et pas n'importe quelle neige, une neige "particulièrement collante", qui a retardé toutes les opérations sur l'aéroport. Et il poursuit: "non", dit-il, nous n'avons jamais manqué de ce fameux glycol. Certes les stocks étaient au plus bas ("on a utilisé en 3 semaines ce que nous consommons d'habitude en un hiver tout entier"), mais aucun vol n'a été annulé, faute de dégivrant! "C'est sans doute vrai pour le 23 décembre", rétorquent les compagnies, "pas forcément pour le lendemain", le 24 où des vols ont été annulés, dans la crainte d'une pénurie de glycol. Formellement donc, Pierre Graff dit vrai: "il n'y aurait pas eu de rupture de stocks". Mais, dans les faits, la peur d'une rupture aurait suffit à semer la pagaille. L'enquête, chargée d'établir les responsabilités, devrait trancher la semaine prochaine. Elle répondra aussi, peut-être, à accusation à peine voilée de Pierre Graff, en direction des compagnies -"la réponse du berger à la bergère"-: c'est elles qui n'ont pas su informer correctement leurs voyageurs. Et c'est à elles, finalement, qu'on doit cette grande pagaille. On ne polémique pas. Mais un peu quand même. Le gouvernement britannique réfléchit à plafonner les taxes sur l'essence! C'est une déclaration, hier, de David Cameron. Il veut limiter l'actuelle flamblée des prix à la pompe. Qui sévit, également, outre-Manche. Le Premier ministre britannique lance, du coup, l'idée d'instaurer, dans son pays, une taxe "stabilisatrice" (comme il dit) sur les carburants. Une sorte de "TIPP flottante" comme on l'a connu en France, entre 2000 et 2002. Le mécanisme consiste à réduire les taxes quand les prix à la pompe augmentent. Dit autrement, l'Etat, en n'encaissant pas les surplus d'impôts, ne "profite" pas de la hausse des prix. Sur le dos des automobilistes. Mardi, sur France Inter, François Baroin, le ministre du budget a catégoriquement rejetté l'idée de remettre en place, cette "TIPP flottante".

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