C'est une sorte de petit guide: le "guide du parfait patron communiquant". Il est destiné aux grands patrons, ceux du CAC 40. Son titre pourrait être: "comment dire qu'on va très bien, quand tout s'écroule partout autour". Ce n'est pas un document secret. Au contraire, ses auteurs en font la publicité, sans se rendre compte que leur démarche peut être perçue comme totalement cynique. L'étude s'appelle, en fait: "Le grand hiatus", et c'est la première édition d'un travail signé par Euro RSCG. L'agence de communication conseille un bon nombre d'entreprises du CAC 40, et, avec cette étude, elle les prévient: attention, cette année, vous allez avoir beaucoup de mal à communiquer! Grosso modo, on s'attend à des bénéfices (pour l'ensemble du CAC 40).. autour de 86-87 milliards d'euros. Tout va bien, donc. En revanche, pour leurs employés (qui ne voient pas leurs salaires suivrent la même courbe), pour les actionnaires (qui voient le cours de bourse des entreprises s'écraser), et pour l'opinion publique, les citoyens (à qui ont dit qu'ils doivent se serrer la ceinture, rigueur oblige), c'est exactement l'inverse: c'est la crise, à tous les étages. C'est ça le "grand hiatus" mis en avant par Euro RSCG, qui précise que la période électorale qui s'ouvre ne va pas faciliter le travail de comm'. D'où, ce petit guide, ces petits conseils à destination des grands patrons. Euro RSCG leur propose d'abord d'assumer, mais subtilement: en évitant la communication trop financière. Le chef d'une grande entreprise doit mettre en avant "sa dimension sociétale". Cas pratique: depuis quelques mois (c'est une tendance lourde), les grandes entreprises n'investissent plus. Leur seul objectif, face à la crise bancaire, c'est le désendettement. Euro RSCG propose de "positiver" le message: ne pas en faire un objectif purement et simplement financier mais dire plutôt qu'il s'agit d'un vrai "projet d'entreprise". L'agence de communication prévient que beaucoup de sujets vont devenir extrêmement sensibles. L'emploi: on s'attend à des plans sociaux après les élections. Les grands patrons doivent dire, qu'il n'y a pas de licenciements secs! Les impôts: plus faibles pour le CAC 40 que pour les PME. Il faut faire de la pédagogie et redire que le CAC 40 ne fait pas d'évasion fiscale. Les "gros" salaires des "grands" patrons: mettre en avant les critères de satisfaction des clients, les critères environnementaux, quand ils participent à la part variable. L'opinion publique aime bien. Répéter que des efforts de transparence ont été réalisés. Voilà décryptés, sous nos yeux, tous les éléments de langage des grandes entreprises.

Nationalisation? Le gouvernement français étudie la possibilité de nationaliser ce qui reste de la banque Dexia. Information des Echos, ce matin. Ce serait l'un des scénarios envisagés, 3 mois à peine après le démentèlement de la banque franco-belge. Coté français, le plan de sauvetage imaginé aurait du mal à se mettre en place. Et face à la dégradation de la situation financière des Etats, une nationalisation serait, désormais, perçue comme moins coûteuse que le système de garanties imaginé jusqu'ici.Crise, suite? La crise de la dette rattrape l'euro. La monnaie européenne repasse sous 1 dollar 28: une "première" depuis 15 mois, et alors que jusqu'ici l'euro avait plutôt "tenu", dans la tempête. La Grèce et l'Espagne inquiètent. La France ne rassure pas: hier, elle a dû accepter des taux d'intérêt plus élevés pour financer sa dette.Crise, fin? Pendant ce temps -le contraste saute aux yeux-, l'activité, aux Etats-Unis, envoie des signes de reprise. L'économie américaine créé, par exemple, à nouveau des emplois: 325 mille, le mois dernier.

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