L'histoire n'a pas fait les "gros titres". Elle n'en est pas moins édifiante : un homme -un trader- a réussi, la semaine dernière, à lui tout seul, à déstabiliser le marché du Brent, le marché du pétrole de la mer du Nord. L'histoire secoue la City, à Londres. C'est une sorte d'"affaire Kerviel dans le monde du brut", même si tout s'est joué, là, très vite, en quelques heures seulement. Sans qu'on connaisse, à ce stade, ses motivations, un courtier en pétrole, qui agissait pour le compte de la société PVM Oil, a passé un ordre farfelu, une transaction "non autorisée", qui a eu pour effet de faire grimper de plus de 2 dollars d'un seul coup, le prix du baril de pétrole de la Mer du Nord, lui faisant atteindre 73 dollars 50 - son plus haut niveau depuis 8 mois. Ce n'est pas rien. Tout s'est passé dans la nuit de lundi à mardi derniers, entre 2 et 4 heures du matin. Le volume d'échanges enregistrés (dans ces heures évidemment calmes, d'habitude) s'est élevé à 16 millions de barils, c'est-à-dire 2 fois la production quotidienne de l'Arabie Saoudite, le plus gros producteur mondial. Cela dit, tout n'était pas dû à l'action de ce seul trader (des opérations d'échanges se sont déclenchées automatiquement. D'autres opérateurs, constatant l'envolée, se sont aussi rués, dans un réflexe moutonnier), mais les mouvements, finalement, étaient tellement anormaux et importants, que les autorités de régulation ont rapidemment, mis un terme à tout ça. Pour la société employant le trader, la perte serait proche de 10 millions de dollars. Pour certains spécialistes, cet épisode (qui vient après un autre assez similaire en mai dernier. Là, c'était un trader qui avait fait n'importe quoi après un repas bien arrosé) ce nouvel épisode montre à quel point le marché du brut est, aujourd'hui, vulnérable aux manipulations, sans rappport avec l'offre et la demande. Alors, ça n'a évidemment aucun lien avec cette affaire, mais cette question de la volatilité excessive de ce marché du pétrole brut, ce sera l'une des questions abordée, cette semaine, lors de la réunion du G8, organisée en Italie. La France devrait y avancer des propositions pour une meilleure coordination entre pays producteurs et pays consommateurs. L'idée, là, c'est de mettrre fin au grand "yoyo" qu'on vient de vivre : un baril à 150 dollars l'été dernier. 65 aujourd'hui. Après être retombé à 40 dollars, cet hiver. Premier versement, aujourd'hui, du RSA pour 1,3 millions personnes. Pour les anciens allocataires du RMI (ils sont un peu plus d'un million), ça ne change rien du tout. Le montant est identique : 454 euros pour un célibataire. La nouveauté concerne, en revanche, ceux qu'on appelle les travailleurs "pauvres" (travailleurs précaires, ou à temps partiel). Environ 200 000 d'entre eux vont recevoir un complément de revenus : autour de 75 euros pour une personne gagnant 1000 euros par mois, et qui ne touche pas d'allocation logement. Les banques doivent octroyer plus de crédits... aux entreprises et aux particuliers ! Vif rappel à l'ordre, hier, de Jean-Claude Trichet. Le président de la Banque Centrale Européenne a estimé que son institution leur a distribué énormément de liquidités (442 milliards d'euros, encore récemment lors d'une vaste opération de refinancement sur 1 an). Elles doivent donc, à leur tour, répète Jean-Claude Trichet, les ré-injecter dans l'économie réelle pour permettre le retour de la croissance.

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