Le "Canard enchaîné", qui sort ce matin, l'appelle le "grand chef des goinfres". Et visiblement, ce titre -tout honorifique- ne lui plait pas vraiment. Claude Bébéar (puisqu'il s'agit de lui : le fondateur et ancien patron d'Axa, aujourd'hui en simili-retraite) a dû, hier, se résoudre à une "opération vérité" sur ses revenus. Dans un communiqué, il dévoile l'intégralité de sa rémunération actuelle, et de son patrimoine. Pourquoi est-il obligé de faire ça ? Parce que Claude Bébéar vient d'être nommé président du Comité des Sages, chargé de veiller à la rémunération des dirigeants d'entreprises, plus précisément ceux qui licencient (massivement) ou ont recours (tout aussi massivement) au chômage partiel. C'est une exigence du gouvernement en cette période sociale troublée. Après avoir, semble-t-il, un peu hésité, Claude Bébéar a finalement accepté la tâche. Mais voilà, devenir "président des Sages" oblige à cet effort de transparence. Dans un communiqué donc, le "parrain du capitalisme français" (comme on l'appelle souvent, et ce n'est pas forcément un compliment) dévoile ses revenus. Sa retraite d'Axa : 438 000 euros par an. La plus-value possible des stock-options qui lui restent (toujours d'Axa) : 660 000 euros. Patrimoine déclaré (soumis à l'ISF) : 106 millions d'euros. Claude Bébéar se justifie : le groupe qu'il a dirigé pesait 100 millions quand il en a pris les commandes. 80 milliards, quand il l'a quitté. Pour certains, cela dit, ses sommes confirmeront leur sentiment : Claude Bébéar est-il, du coup, la bonne personne pour juger le salaire des patrons, quand lui même possède, et gagne autant ? L'autre question soulevée renvoie à une autre partie du communiqué, celle qui concerne les mandats d'administrateurs que Claude Bébéar, retraité, conserve encore aujourd'hui et jusqu'à nouvel ordre. Ce sont 360 000 euros de plus par an, en jetons de présence, mais surtout ils posent la question de son indépendance. Que fera-t-il s'il est appelé à étudier le cas d'Axa, de BNP-Paribas, de Schneider ou de Vivendi ? Quatre sociétés, quatre conseils dans lesquels il siège ? La Société Générale se choisit un nouveau président. C'est aujourd'hui que le Conseil d'administration doit choisir un successeur à Daniel Bouton, démissionnaire. Il aura passé 12 ans à la tête de la Générale et depuis l'affaire Kerviel, 15 mois en enfer. Jean-Martin Folz, ancien patron de PSA et déjà administrateur de la banque, est bien placé mais une autre solution interne pourrait être retenue. Le nom d'Antony Wyand (un autre administateur) circule. A moins que Frédéric Oudéa, l'actuel Directeur Général, obtienne, en plus, le mandat de président du Conseil d'administration. BNP Paribas annonce, ce matin, un bénéfice trimestriel de 1,5 milliards d'euros. C'est bien plus qu'attendu par les analystes. Les banques... encore. C'est demain que le Trésor américain doit publier les résultats des "tests de résistance" des plus grands établissements financiers du pays. On vérifie leur capacité à surmonter une forte aggravation de la crise. Selon les dernière rumeurs à Wall Street, Bank of America aurait raté son "test": il révèlerait des besoins en capitaux frais de 34 milliards de dollars ! La crise rattrape TF1. La chaîne annonce la première perte opérationnelle de son histoire. Disney, également "secoué, avec un bénéfice trimestriel en recul de 46%. Les films et DVD n'ont pas fait recette. Le chiffre d'affaires des parcs d'attraction est en baisse : les familles limitent leur dépenses, pendant leurs visites.

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