C'est un rapport qui ne devrait pas passer inaperçu. Le Conseil des Prélèvements Obligatoires, organisme rattaché à la Cour des Comptes, va publier, tout à l'heure en fin de matinée, une étude sur la fiscalité locale. C'est la première fois qu'il s'intéresse aux impôts locaux, et ses conclusions sont très attendues. C'est Didier Migaud, le premier président de la Cour des Comptes qui préside ce Conseil (un "président des présidents qui préside", je sais, la formule est un peu lourde, mais c'est comme ça) et, selon les premières informations qui filtrent, l'ancien député socialiste (qui est en lui) ne devrait pas être déçu par le travail que rend le premier président qu'il est devenu. Le premier constat, souligné par ce rapport, n'étonnera personne. En 30 ans, les dépenses des collectivités locales -communes, départements, régions- n'ont pas cessé d'augmenter. Elles représentent, aujourd'hui, pas loin d'un quart de la dépense publique totale. C'est beaucoup? C'est en tout cas dans la moyenne européenne, selon le rapport. Et l'augmentation de ces dernières années, est assez conforme à celle constatée dans les autres pays développés. Ou ailleurs, en Europe. Bref: on est comme les autres! Voilà ce qu'on pourra se dire en payant ses impôts locaux, promis cette année encore, à une forte augmentation: presque 3% en moyenne, dans les grandes villes. La faute à qui, du coup? Le Rapport tranche: pour moitié (ou presque) aux fameux transferts de compétences. De l'Etat vers les collectivités locales! Le désengement de l'Etat, qui fait, également, qu'aujourd'hui se sont les communes, les départements et les régions qui assument les 3 quarts de l'investissement public du pays! Enfin et surtout, le rapport du Conseil des Prélèvements Obligatoires devrait, aujourd'hui appuyer sur un autre point qui fait mal: l'injustice fiscale des impôts locaux. D'une région à l'autre, d'une commune à l'autre, les écarts sont très forts. Injustes. Entre contribuables d'un même département, d'une même ville, également. La taxe d'habitation est particulièrement visée. "Il faudrait la réformer, la supprimer. La moduler beaucoup plus en fonction des revenus": c'est ce qu'on entend depuis longtemps. Au PS, on sera ravi de l'entendre à nouveau: c'est dans le programme du parti pour 2012! François Fillon promet des "décisions difficiles"! Pour éviter à la France un scénario "à la grecque". Eviter -c'est le Premier ministre qui l'a affirmé, hier soir, dans le 20h de TF1- de voir la "note" internationale de la France être dégradée par les agences de notation. François Fillon veut, donc, réduire le déficit public français, tailler dans les dépenses, et d'abord les dépenses sociales. Le Premier ministre promet, encore, de raboter de 5 milliards d'euros, en 2 ans, les niches ficales. Sur les marchés, c'est encore la panique qui domine. Les places boursières ont encore, toutes, reculé hier. L'euro poursuit sa chute, également: 1,28 dollar. A Athènes, après les manifestations d'hier, et la mort de 3 personnes, le Parlement grec doit valider, ce jeudi, son plan d'austérité. Aujourd'hui, on attend encore la BCE. La Banque Centrale Européenne pourrait annoncer des mesures exceptionnelles pour tenter de sortir l'Europe de la tourmente financière. Plus de 2 milliards! Les résultats de BNP-Paribas, pour le 1er trimestre 2010. Ils viennent d'être publiés. La banque affiche des bénéfices de 2,2 milliards d'euros pour les 3 premiers mois de l'année. En hausse de 46%! La banque avoue être exposée au "risque grec", à hauteur de 8 millirads d'euros.

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