Comme toujours, comme souvent, c'est le ton qui surprend. Agace. Et fait dire: "mais pour qui se prend-il?". Comme s'il était le seul à décider, comme si c'était, lui, le patron d'Alstom, Arnaud Montebourg a écrit, hier, au PDG de General Electric, en course pour racheter la branche "énergie" du groupe français. Après quelques lignes expliquant pourquoi, le gouvernement français se mèle de cette affaire ("l'importance stratégique" du secteur de l'énergie, l'avenir des 18 mille salariés français, le "grand attachement" des Français à l'entreprise), après ces considérations donc, la phrase tombe: "en l'état, nous ne pouvons malheureusement pas souscrire aux propositions que vous avez faites", écrit le ministre. A Bercy, on se justifiait, hier soir. "On ne se fâche. Cette lettre, au contraire, s'inscrit dans la logique de notre démarche. Dans un premier temps (passée la surprise qu'a été la révélation du projet), "on a cherché à gagner du temps", explique l'entourage du ministre. 2 jours d'abord. Puis 1 mois. Parallèlement, on a fait émerger une offre concurrente (celle de Siemens). "Et, maintenant, on discute. Et on créé une émulation entre les candidats". "Le mois gagné (avant la convocation d'un nouveau Conseil d'administration d'Alstom, chargé de trancher) ne doit pas seulement servir à permettre à l'Allemand Siemens de peaufiner sa contre-proposition. Il doit aussi permettre de réfléchir à l'avenir d'Alstom. Un groupe qui n'est pas aux abois, à court terme: "on a du temps!". Ainsi, dans sa lettre, Arnaud Montebourg pointe 3 limites à l'offre de General Electric, pour justifier son "refus". Il veut, d'abord, sécuriser les promesses faites par l'Américain: sur le nombre de centres de décisions installés en France, sur les emplois maintenus, ou créés. Il veut aussi être certain qu'Alstom, réduit à sa seule activité Transport, conserve les moyens d'un groupe mondial. Il demande, du coup, à GE de mettre ses locomotives et son activité "signalisation" dans la corbeille. Enfin, le ministre redit que la branche "énergie" d'Alstom est trop stratégique pour la laisser quitter la France. Prenant General Electric aux mots, GE qui ne cesse de vanter son implantation ancienne, en France, Arnaud Montebourg lui propose, donc, de changer la nature du deal: ne plus parler d'une "vente", mais d'un "partenariat". Comme celui qui, depuis 50 ans, lie General Electric à un autre groupe français, Safran.

Bof... Le "Pacte de responsabilité" de François Hollande sera inefficace! Et c'est la Commission européenne qui le dit. Qui l'a dit hier. Pour elle, la baisse de charges et d'impôts sur les entreprises (prévue dans le cadre du Pacte) ne les rendra pas suffisamment compétititives. Pour Bruxelles, les efforts sont pas assez ciblés sur les secteurs exportateurs. Conséquence: le Pacte ne fera que ralentir les pertes de part de marché, il n'inversera pas la tendance. C'est, en partie, pour cette raison que Bruxelles se montre plus pessimiste que Paris, dans ses prévisions de croissance et de déficit pour 2015.Paf! "Aucun individu, aucune entreprise qui porte préjudice à notre économie n'est au-dessus de la Loi": déclaration, hier, de chef du parquet fédéral américain. Il n'a pas cité pas de nom, mais faisait clairement référence aux banques. Et, notamment, à BNP-Paribas. La française est soupçonnée d'avoir contourner, ces dernières années, les règles américaines d'embargo, vis-à-vis de l'Iran notamment. Dans le négoce de matières premières. Pour régler ce litige avec les Etats-Unis, BNP-Paribas a déjà provisionné plus d'un milliard de dollars dans ses comptes. Mais, récemment, elle a fait savoir qu'elle s'attendait à une amende beaucoup plus lourde.

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