Christian Eckert se souvient très bien de cette réunion. C’était l’une des toutes premières à laquelle il était convié, en tant que nouveau Secrétaire d’Etat au Budget. Une réunion, l'année dernière à l’Elysée. Une fin d’après-midi, un dimanche, autour du Chef de l’Etat. "Ca n’a pas été facile", mais c’est au cours de cette réunion que François Hollande a accepté la proposition d’économies nouvelles que lui soumettaient les ministres de Bercy, à savoir le gel de certaines prestations sociales. Notamment, la non-revalorisation des pensions de retraite. Ont suivi de longues semaines de discussions et de négociations avec les députés de la majorité (les "frondeurs"...) pour aménager et, finalement, faire passer la mesure, impopulaire. "Le coût politique de cette décision, raconte Christian Eckert, a été lourd a supporter. On y est arrivés, mais pour quelles économies, au final?... Aucune: l’inflation, plus faible que prévue, a fait disparaître mécaniquement la totalité des efforts si durement consentis. Tout ça pour rien! Cette histoire, le ministre l’a raconte, volontiers, en ce moment, histoire de montrer à quel point les économies demandées sont précaires, parce que toujours calculées en tendance, c’est-à-dire par rapport à l'inflation attendue, par rapport à ce qu'auraient été les dépenses sans rien faire. L'inflation zéro: voilà pourquoi le gouvernement vient d'être obligé d'aller chercher 4 milliards "supplémentaires", cette année. Et annonce 5 milliards "de plus", à trouver pour 2016. C’est à se taper la tête contre les murs d'ailleurs: ces milliards s’ajoutent, s’additionnent, s’empilent mais, faute d’inflation suffisante, leur total fait toujours 50. 50 milliards! Le message, à ce stade, vaut, en tout cas, pour les ministres. Ces ministres qui s’apprêtent à défiler à Bercy, dans les semaines qui viennent, pour négocier leurs enveloppes budgétaires pour l’année prochaine. N’attendez rien de l’éclaircie économique du moment (confirmée, hier, par la Commission de Bruxelles). N’espérez pas quelconques marges budgétaires nouvelles, qui en découleraient et vous exonéreraient de certains efforts. Ne rêvez pas d’une "cagnotte" (cachée), Bercy veille au grain. Et s’accroche à son objectif: contenir, coûte que coûte, les dépenses des ministères.

Gagnants/perdants. On a une idée plus précise des gagnants et des perdants de réforme de la politique familiale du gouvernement. C'est dans 2 mois, le 1er juillet, que la baisse des allocations familiales pour certaine familles deviendra effective... concrête: division par 2 ou par 4 des allocs selon le niveau de salaire... Cette baisse s'ajoutera à d'autres mesures d'économies, décidées depuis 2 ans. Du coup, la Caisse Nationale des Allocations Familiales vient de calculer leur coût total, et surtout leur répartition. 3 millions 200 mille familles françaises, au final, sont perdantes: en moyenne de 67 euros de moins, par mois. Clairement, les plus riches sont celles qui perdront le pluss. A l'inverse, les familles les plus modestes (plus de 2 millions, au total) sont les gagnantes de ces réformes. Pour les moins fortunées d'entre elles, un gain mensuel moyen de 79 euros.

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