Peut-être que pour beaucoup, ce n'est qu'une histoire d'experts, de querelle de chiffres (bien éloignée des soucis quotidiens) mais les nouvelles prévisions économiques, dévoilées hier par la Banque Centrale Européenne, constituent, pourtant, un nouveau tournant. Non pas dans la crise, mais dans la perception que nous en avons. Il y a eu plusieurs stades : dès la chute de Lehman Brothers, en septembre, des économistes ont commencé à prédire le pire. Ils n'ont pas été immédiatement entendus : c'était des pessimistes. Jusqu'à Noël, on entendait beaucoup dire que la crise, elle était surtout dans les médias, dans les discussions, mais pas franchement ailleurs, à part dans certains secteurs déjà fragilisés comme l'automobile. Au début de cette année, avec les premiers chiffres du dernier trimestre 2008, on s'est aperçu qu'elle était bien réelle, cette crise, et surtout qu'elle était forte. Les uns et les autres ont révisé, dans la foulée, à la baisse, leurs prévisions. Le gouvernement français fermant la marche. Aujourd'hui, c'est à une nouvelle prise de conscience de la gravité de la crise que nous assistons, un nouvau décrochage, en fait. Cette fois-ci, c'est, donc, la Banque Centrale Européenne qui ouvre la marche. Jusqu'ici, elle anticipait un recul de 0,5% du PIB de la zone euro. C'était déjà très peu. C'était l'annonce de la première récession de la (toute jeune) Histoire de la banque ! Désormais, la Banque Centrale Européenne s'attend à un recul de 2,7% dans les pays ayant l'euro pour monnaie - ça commence à ressembler à une dépression. En tout cas, pour 2009, la BCE ne croit plus à un rebond, même pas après l'été. Au Fonds Monétaire International, c'est pareil : son directeur adjoint explique, ce matin, que cette crise va se poursuivre jusqu'en 2010. Il explique que dans les archives du FMI (né après la seconde guerre mondiale) il ne trouve aucune donnée aussi "noire" qu'aujourd'hui. Lui aussi s'apprêtre, une nouvelle fois, à revoir à la baisse ses prévisions. Parce que le 4ème trimestre 2008 a été très mauvais (ça on le savait), mais parce que le premier trimestre 2009 est bien pire. Partout. Dans les pays développés, ce responsable du FMI ne s'attend plus à revoir des signes de croissance avant le second semestre de l'année prochaine 2010. Voire début 2011 ! A New York, Wall Street a violemment rechuté, hier soir. -4% pour le Dow Jones comme pour le Nasdaq. Recul identique, à Paris, pour le CAC 40. En fait, rien n'est venu calmé l'angoisse des opérateurs, hier : les Chinois n'ont pas dévoilé le "méga-Plan de relance" que la rumeur annonçait. General Motors a brandit, à nouveau, la menace d'une faillite, pure et simple, faute d'une nouvelle aide de l'Etat. En Europe, la Banque Centrale Européenne a baissé ses taux d'intérêt mais, surtout, ses prévisions de croissance. Nouveau "jour J" pour Fortis/BNP Paribas. La banque française et le gouvernement belge négocient âprement les nouvelles conditions de l'opération. Rejetée, dans sa version précédente, par les actionnaires de Fortis. Faites vos jeux ! Le gouvernement confirme l'ouverture à la concurrence du marché français des jeux et des paris, sur internet. Et sur Internet seulement. Elle est prévue pour le 1er janvier prochain. Et concernera les paris hippiques, sportifs et, bien-sûr, le poker.

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