Une chronique de Sara Ghibaudo. ___ Les cabinets ministériels ont embauché 20% de conseillers en plus l'année dernière. C'est ce qu'a calculé le journal « Le Monde » hier après la publication d'une nouvelle annexe de la loi de Finances. Matignon explique qu'en 2007, les ministres n'avaient pas fini de recruter leurs collaborateurs et souligne que le gouvernement Fillon est moins gourmand que ceux de Villepin ou Raffarin. Le fait est que ce gouvernement avait affiché sa volonté d'être économe. Pas plus de 20 conseillers par ministre. Certains, comme Christine Lagarde, Xavier Bertrand, Roselyne Bachelot vont bien au-delà et l'inflation est encore plus nette au niveau des secrétaires d'Etat. Les primes accordées aux personnels du premier ministre ont augmenté de 45%. Matignon affirme qu'on ne peut pas comparer 2008 à 2007, où il n'y eut que 8 mois de gouvernement Fillon. Tout cela risque de faire un peu désordre à l'heure de la réforme de l'Etat, où l'on nous dit qu'il faut éviter les doublons entre les différents échelons administratifs et alors qu'on met la fonction publique au régime sec - non remplacement d'un départ à la retraite sur 2. Le Portrait social annuel de l'INSEE vient aujourd'hui nous rappeler que les services publics servent à réduire les inégalités - l'éducation, la santé ou le logement social sont les politiques qui contribuent le plus à redistribuer les revenus au sein de la société française ; quand l'INSEE confirme qu'au contraire, la réforme de l'impôt sur le revenu de 2007, a surtout profité aux 20% de ménages les plus aisés. L'INSEE dont on espère qu'il continuera longtemps à nous fournir des études éclairantes car aujourd'hui, ses personnels sont plutôt inquiets. Une partie d'entre eux devrait quitter Paris pour rejoindre Metz - bel exemple de réforme de l'Etat. On vous enlève une base aérienne mais rassurez-vous, on vous envoie un millier de statisticiens. Barack Obama ne fait pas un tabac en bourse. Les principales bourses européennes ont fini en baisse hier, les indices de New York ont perdu plus de 5% dans la nuit, et l'Asie suit le même chemin. "On achète la rumeur, on vend la nouvelle", disent les professionnels des marchés, qui après une certaine euphorie ces derniers jours, retrouvent la réalité de la crise. Les Américains ne votaient pas seulement pour leur président mais pour toute une série de votes et référendum locaux. Un résultat très attendu par des entreprises françaises comme Alsthom, la SNCF ou nos géants du BTP. La Californie a choisi malgré la crise de contruire une ligne de TGV entre Los Angeles et San Francisco. Moins de construction et moins de voitures produites. C'est la demande d'acier qui flanche. Le numéro 1 mondial Arcelor Mittal a annoncé hier qu'il allait réduire sa production deux fois plus que prévu - jusqu'à 50% temporairement en France et en Belgique. Les premiers parachutes dorés qui se dégonflent. Les deux plus hauts dirigeants de Pernod Ricard ont annoncé hier à leurs actionnaires qu'ils renonçaient à leur bonus prévu pour leur départ à la retraite.

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