Par Bruce de Galzain.

C'était hier matin au siège de Renault à Boulogne-Billancourt, Arnaud Montebourg profite d'un bon moment avec l'annonce par Carlos Ghosn d'un partenariat avec un britannique pour ressusciter l'Alpine-Renault en France. Le futur modèle haut de gamme et sportif sera construit dans l'usine historique de Dieppe qui emploie 300 personnes. Le ministre du redressement productif est sur un nuage : « il faut acheter français, fabriquer en France, on porte très haut le drapeau bleu blanc rouge » dit-il, il salue « la décision politique de faire le choix de la France, de faire revivre un rêve, j'ai encore en tête les victoires des Renault Alpine » lance-t-il tout en baissant la tête pour retrouver quelques dates sur son antisèche. Mais s'il est si enjoué c'est qu'il savoure une petite victoire avant une plus grande dans l'après-midi car le ministre du redressement productif le sait déjà il vient de remporter quelques arbitrages au sein du gouvernement sur la compétitivité. Hier soir après la remise du rapport Gallois aux membres de la Conférence nationale de l'Industrie à Matignon, ce n'est pas Jean-Marc Ayrault ou même Pierre Moscovici qui prendra la parole, c'est lui Arnaud Montebourg... lui qui vient saluer d'abord le plaidoyer vivant de Louis Gallois pour la reconquête industrielle de notre pays. Il cite le rapport : il faut « lutter contre la cote d'alerte franchie, la situation d'urgence ou le décrochage préoccupant, les mots de Louis Gallois sont extrêmement forts » dit-il et « doivent alerter les Français »... les alerter comme lui l'a fait. Arnaud Montebourg c'est l'homme des coups de gueule contre les grands patrons, un homme orchestre pour ne pas dire théâtral qui en coulisse poursuit son combat pour réindustrialiser la France. Il a pour cela des propositions très claires, il veut un choc de compétitivité de 20 milliards en faveur des entreprises qui investissent, il sera financé par des économies, une hausse ciblée de la TVA dans la restauration notamment et une fiscalité écologique. Son mémorandum il l'envoie à tous les partenaires sociaux, il appelle tout le monde pour avoir des appuis confie un syndicaliste ; un responsable du Medef affirme même à Libération que c'est le seul ministre qui s'est vraiment battu pour réduire le coût du travail ! Au bout du compte, l'homme pressé va bel et bien marquer de son empreinte le pacte de compétitivité entre le gouvernement et le patronat.

Un crédit d'impôt de 20 milliards d'euros pour les entreprises. C'est le compromis trouvé par le gouvernement pour faire baisser le coût du travail en contrepartie du maintien de l'emploi, les entreprises auront droit à l'équivalent d'un allègement de cotisations patronales de 6% sur les salaires jusqu'à 2,5 SMIC financé par une économie de 10 milliards d'euros, par une hausse de la TVA de 0,4 point mais une baisse de 0,5 sur les produits de 1éres nécessité et enfin un relèvement du taux intermédiaire pour la restauration notamment de 7 à 10%. Dans son rapport Louis Gallois écrit que l'on peut avoir l'impression que l'industrie fout le camp et que c'est irrémédiable... en effet le constat de ce grand patron de gauche est sévère : l'industrie atteint un seuil critique au-delà duquel elle est menacée de déstructuration... si rien n'est fait !

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